Les chroniques de Felip tirées de la feuille du CIRA

Les chroniques de Felip tirées de La Feuille d’infos du CIRA :
Février 2012 à février 2014

ARTS

AFFICHES. L’animateur du site de la Ficedl (Fédération internationale des centres d’études et de documentation libertaires) a récemment mis en ligne un fonds virtuel de 3200 affiches anarchistes. Elles proviennent des collections du Centre de documentation anarchiste (Fédération anarchiste, France), du CIRA de Lausanne (Suisse), de la Biblioteca Archivio Germinal (Carrare, Italie) et de plusieurs sites militants éditeurs d'affiches contemporaines. On peut effectuer des recherches par nom de graphiste, d'imprimeur ou d'organisation, par lieu d'édition ou d'archivage, par thèmes, pays, symbole… Pour enrichir ce fonds, tous les groupes, associations, organisations et individus éditant ou ayant édité des affiches peuvent contacter l’animateur du site.
Adresse : http://placard.ficedl.info/

BANDE DESSINÉE 1. Florent Calvez retrace les différents épisodes de l'affaire Sacco et Vanzetti. Ces deux anarchistes italiens immigrés aux États-Unis avaient été accusés d’avoir effectué des hold-up et avaient été exécutés en 1927 malgré un manque de preuves évident et des protestations dans le monde entier. L'auteur n'oublie pas d'évoquer le contexte historique : les luttes syndicales, la répression sévère, les attentats anarchistes... Il montre aussi comment les divers acteurs de l'affaire (partis politiques, journaux, nation même...) se sont appropriés pour leur compte ces événements.
American Tragedy : l'histoire de Sacco et Vanzetti scénario et dessins de Florent Calvez. Delcourt, 2012. 112 pages. (Mirages). 14,95 euros.

BANDE DESSINÉE 2. Avec ce sixième volume, Bruno Loth termine sa série intitulée Ermo. L’action de cette bande dessinée se situe en 1936, lors de la guerre civile espagnole. Ermo est un orphelin âgé d'une douzaine d'années, qui vit dans le sud de l'Espagne. Il rencontre des saltimbanques et se retrouve plongé dans la guerre et la Révolution à Barcelone, en Aragon puis à Madrid aux côtés des anarchistes.
Mort à Madrid par Bruno Loth. Libre d’images, 2013. 66 pages. (Ermo ; 6). 16 euros.
Adresse : Bruno Loth, 137 bis chemin du Bord de l'eau, 33460 Macau.  Sur Internet : http://www.libredimages.fr

FLAVIO COSTANTINI. Flavio Costantini est né à Rome en 1926. Après une carrière dans la marine (militaire et marchande), il s’installe à Rapallo (Ligurie) et se consacre alors à la peinture et à l’illustration. Un voyage à Moscou en 1962 l’éloigne des idées communistes. La lecture des Mémoires d’un révolutionnaire de Victor Serge lui fait découvrir les anarchistes. Il va réaliser de très beaux portraits de ces militants que l’on peut voir dans Romancero anarchiste (Éric Losfeld, 1973) et dans l’album Ravachol et ses compagnons (Chêne, 1976). Il est décédé le 20 mai 2013.

GÓMEZ. Helios Gómez (1905-1956) est un dessinateur qui a participé à la Révolution espagnole et qui a connu la répression, l’exil, les prisons, les camps. Militant anarcho-syndicaliste dans les années 1920, il est membre du Parti communiste de 1931 à 1937 date à laquelle il en est exclu. Il combat dans la Division Durruti. Il rente d'exil en Espagne en 1942 et fait ensuite plusieurs séjours en prison. Au cours de l'un d'eux, il peint dans une cellule une fresque intitulée Capilla gitana. Ce livre présente ses albums graphiques (Días de ira, Revolución española, Viva Octubre, Horrores de la guerra), ses dessins de presse et ceux réalisés pour l'édition.
Helios Gómez, la révolution graphique. Barcelone : A.C.H.G.-Association Mémoire Graphique, 2013, 256 pages. 30 euros.
Sur Internet : http://www.heliosgomez.org/

ASGER JORN. Le peintre danois Asger Jorn (1914-1973) a été l’objet d’une rétrospective à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne de juin à octobre 2012. Il est l’un des promoteurs du groupe Cobra (1948-1951). Après avoir participé à l’Internationale lettriste, il fut l’un des fondateurs de l’Internationale situationniste en 1957. Le catalogue de l'exposition reproduit en couleurs toutes les œuvres exposées (80 peintures, des dessins, des estampes et des sculptures). Il réunit aussi de nombreuses contributions (notamment celle de Pierre Alechinsky qui fit partie de Cobra), ainsi qu’une anthologie de textes d’Asger Jorn, Christian Dotremont et Jacques Prévert.
Asger Jorn : un artiste libre. Fondation de l’Hermitage : La Bibliothèque des arts, 2012. 223 pages. 39 euros.

JOSSOT. Après Le foetus récalcitrant paru en 2011, les éditions Finitude poursuivent la réédition du dessinateur et peintre individualiste Henri Gustave Jossot (1866-1951). Sauvages blancs ! réunit des pamphlets que Jossot avait publiés dans la presse tunisienne entre 1911 et 1927. Ayant décidé de rompre avec sa société d'origine, il avait quitté la France pour la Tunisie et s'était converti à l'islam tendance soufie. Il dénonce la politique d'assimilation, la colonisation des esprits, la folie de la guerre, le matérialisme et la course effrénée au profit, mais aussi l'intégrisme religieux et les compromis culturels des indigènes.
Sauvages blancs ! : chroniques tunisiennes, 1911-1927 par Henri Gustave Jossot. Finitude, 2013. 160 pages. 19 euros.

UKRAINE. Cela fait des années que Jean-Pierre Ducret dessine, efface et redessine les planches d’une bande dessinée consacrée à l’épopée makhnoviste. C’est en Italie que paraît le premier de trois volumes prévus ; une édition française est annoncée. On y croise Emma Goldman et Alexandre Berkman ainsi que Pierre Kropotkine. Dans des paysages enneigés survolés par une chouette, passent les trains, les motos et la cavalerie. Les anarchistes s’attaquent aux Blancs. Des allusions au cinéaste Alexandre Medvedkine et au peintre Kasimir Malevitch sont glissées ici et là. Le tout est agrémenté d’inscriptions en caractères cyrilliques. De la très belle ouvrage…
La rivoluzione russa in Ucraina : la storia di Nestor Makhno : volume 1 par Jean-Pierre Ducret. Carrare (Italie) : Biblioteca archivio Germinal, 2013. 72 pages. 14 euros.

VALLOTTON. Jusqu’au 20 janvier 2014, le Grand Palais à Paris présente une exposition consacrée au peintre français d’origine suisse Félix Vallotton (1865-1925). Il a exposé avec les nabis mais il est toujours resté indépendant. On connaît surtout ses nus, ses portraits, ses scènes d’intérieur et ses paysages. Il a également réalisé de nombreux dessins de presse. Ceux-ci sont féroces et s’attaquent à l’armée, à la police, au colonialisme, à la bourgeoisie… Valloton avait apporté son soutien aux victimes de la Commune, à Zola pendant l’affaire Dreyfus, à Jean Grave ou bien à Laurent Tailhade. À l’occasion de l’exposition, ce sont une vingtaine de livres et de numéros spéciaux de revues qui sont parus mais les idées anarchistes du peintre y sont souvent passées sous silence.
Félix Vallotton : le feu sous la glace : catalogue d’exposition, Grand Palais, Paris, 30 septembre 2013-20 janvier 2014. RMN-Grand Palais, 2013. 336 pages. 45 euros. C’est la guerre ! par Félix Vallotton.  RMN-Grand Palais, 2013. 12 pages. 120 euros. La vie est une fumée : textes, lettres et propos choisis par Félix Vallotton ; édité par Jean-Paul Morel. Mille et une nuits, 2013. 104 pages. (La petite collection ; 630). 4 euros. Gravures sur bois par Félix Vallotton. L’Escalier, 2013. 144 pages. 16 euros. La vie en noir : dessins de presse : (1894-1903) par Félix Vallotton. Les éditions de Paris-Max Chaleil, 2013. 92 pages. 15 euros.

VLADY. À CONTRETEMPS. N° 44, novembre 2012. 32 pages. Le dossier de ce numéro est consacré à Vlady (1920-2005). Ce peintre mexicain méconnu est le fils de Victor Serge (1890-1947). Fidèle aux idées révolutionnaires de son père (anarchisme et marxisme critique), il est l’auteur de dessins, gravures, peintures et de grandes fresques murales. L’une d’elles représente l’histoire des révolutions (en Europe, en Amérique latine, dans la musique, avec Freud). L’autre moitié de la revue est consacré à de nombreuses notes de lectures.
Adresse : Fernand Gomez, 55 rue des Prairies, 75020 Paris (courriel : a-contretemps@wanadoo.fr). À contretemps paraît depuis 2001, sans prix, mais avec des frais de plus en plus lourds, toute participation financière sera donc la bienvenue (chèque à l’ordre de Fernand Gomez). Sur Internet : http://acontretemps.org

VLAMINCK. Maurice de Vlaminck (1876-1958) était avant la Guerre de 14-18, un peintre célèbre, reconnu comme l'un des meilleurs représentants du fauvisme. Fuyant Paris, il s'installe en 1925 au hameau de La Tourillière en Eure-et-Loir. Il y peint une campagne qui se transforme, un monde qui va disparaître. C'est là que vit encore sa plus jeune fille Godelieve. Elle évoque son père au cours d'entretiens qui nous font découvrir sa personnalité : son goût pour les arts africains, ses idées anarchistes, sa passion pour la lecture, ses amis et relations, son amour des animaux et de la nature...
Vlaminck, la soif de liberté par Godelieve de Vlaminck. Marcel Le Poney, 2012. 128 pages. 20 euros.

CINÉMA

GRÈCE. Yannis Youlountas est animateur dans l’éducation populaire et auteur de plusieurs livres, notamment Paroles de murs athéniens. Fils d’un ouvrier crétois, il se rend régulièrement en Grèce où il a réalisé son premier long-métrage. Il donne la parole à ceux et celles qui, face à la crise, expérimentent toutes sortes d’alternatives : réseaux de solidarité, occupations, banques de temps, Amap, dispensaires sociaux, éducation populaire, autogestion… Le film va circuler gratuitement (on peut voir l’agenda sur le site) pour qu’il soit accessible à tous, mais ceux qui veulent  le soutenir financièrement peuvent participer à la souscription.
Ne vivons plus comme des esclaves réalisé par Yannis Youlountas. 2013. Sur Internet (bandes annonces, musiques en téléchargement libre) : www.nevivonspluscommedesesclaves.net
Adresse (pour la souscription) : Anepos (soutien Ne vivons plus comme des esclaves), 178 rue de la Plaine-Saint-Martin, 81000 Albi (chèque à l’ordre de Anepos).

JACOB. Michel Mathurin a réalisé un film documentaire-fiction consacré au cambrioleur anarchiste Alexandre Marius Jacob (1879-1954). Il a été tourné dans le Gers pendant l'été 2011. Les exploits de Jacob, son séjour au bagne et son suicide sont évoqués avec justesse.
Hors les lois et la servitude : (Marius et les Travailleurs de la nuit) réalisé par  Michel Mathurin ; avec Francis Ferrié, Karine Hardy. Atelier du soir : La Bobine : Louise Michel prod, 2012. 51 minutes.
Sur Internet : http://www.mariusjacob-lefilm.fr/

RECLUS. Le film de Nicolas Eprendre dresse le portrait du géographe anarchiste Élisée Reclus (1830-1905). Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographes) racontent la vie et les idées de Reclus. Le film est illustré par des photographies de Nadar. Des textes mêlant poésie et humour, pensée scientifique et politique, sont lus par Carlo Brandt.
Élisée Reclus : la passion du monde réalisé par Nicolas Eprendre. A. Martin productions, 2012. 52 minutes.
Sur Internet : http://www.groupegalactica.fr/film/affiche/id/419

VICTOR SERGE. France 5 a diffusé le dimanche 25 mars 2012 un film documentaire consacré à la vie et à l’œuvre littéraire de Victor Serge (1890-1947). Il est né à Bruxelles dans une famille d'exilés anti-tsaristes. Rédacteur à L’Anarchie, il est emprisonné à la suite du procès de la « Bande à Bonnot ». Il rejoint la Russie à l'annonce de la révolution. Membre de l'opposition de gauche du parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation. Expulsé d'URSS après des années d'interventions de militants et d'écrivains, il revient à Bruxelles en avril 1936. Réfugié à Marseille en 1940, il rejoint l’année suivante le Mexique. Il est l’auteur de nombreux romans et essais dans lesquels il dénonce le totalitarisme et s’interroge sur le stalinisme. Ce film est réalisé par Carmen Castillo. Née en 1945 à Santiago du Chili, membre du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire), elle réussit à quitter le Chili pour la France en 1974. Elle a évoqué le Chili dans ses livres et ses films, notamment Rue Santa Fe (2007).
Victor Serge, l’insurgé réalisé par Carmen Castillo ; avec Carmen Castillo et Régis Debray ; textes lus par Jacques Bonnaffé. JEM productions, 2011. 532 minutes. Renseignements sur Internet : http://www.jemproductions.fr/

HISTOIRE

ANTHROPOLOGIE. Professeur de sciences politiques et d’anthropologie à l’université de Yale (États-Unis), James C. Scott est spécialiste de l’Asie du Sud-Est. Il retrace l’histoire d’une vaste région montagneuse, Zomia, située entre la Birmanie, la Chine, le Laos et le Vietnam. Depuis deux millénaires, ses habitants refusent de se soumettre à l’État. Ils ont su mettre en place des stratégies pour refuser le travail forcé, l’impôt ou la conscription, préférant des formes d’auto-organisation. James C. Scott se situe dans la lignée de Pierre Clastres (1934-1977). Cet anthropologue et ethnologue a étudié les conceptions du pouvoir et de l’État dans les sociétés dites primitives, en particulier les Indiens Guayaki (Paraguay). Son œuvre la plus connue est La société contre l’État (1974). Dans Archéologie de la violence (1977), il explique comment la guerre était une façon de repousser la fusion politique, et donc d'empêcher la constitution d’États.
Zomia ou l’art de ne pas être gouverné par James C. Scott. Seuil, 2013. 544 pages. 27 euros. Archéologie de la violence : la guerre dans les sociétés primitives par Pierre Clastres. Nouvelle édition. Éditions de l’Aube, 2013. 75 pages. (L’Aube poche. Essais). 6,80 euros.

AROUMAINS. Nicolas Trifon nous fait découvrir un peuple balkanique peu connu, les Aroumains. Dispersés dans plusieurs pays (Albanie, Grèce, Macédoine, Bulgarie), ils étaient bergers, caravaniers, artisans et commerçants mais jamais paysans. Dans une région où l’idée de nation est omniprésente, les Aroumains n’ont pas cherché à en créer une. Depuis la fin des années 1980, ils font connaître leurs revendications culturelles et linguistiques. Ce livre était précédemment paru chez Acratie en 2005. Le livre a été traduit depuis en serbe et en roumain.
Les Aroumains : un peuple qui s’en va par Nicolas Trifon. 2e édition augmentée d’une postface. Non lieu, 2013.  554 pages. 33 €.

COMMUNE DE MARSEILLE. Du 23 mars au 4 avril 1871, le peuple marseillais installa une commune révolutionnaire. Ces hommes ont pris leur destin en mains pour installer une République sociale et fraternelle, mais leur idéal révolutionnaire a été réprimé dans le sang. Roger Vignaud a déjà écrit deux livres sur cet épisode historique méconnu : Gaston Crémieux : la Commune de Marseille, un rêve inachevé (Édisud, 2003) et La Commune de Marseille : dictionnaire (Édisud, 2005).
La Commune révolutionnaire de 1871 à Marseille par Roger Vignaud. Arra, 2011. 374 pages. (Rouge Midi). 15 euros.

ÉMEUTES. Entre 1908 et 1910, les conflits sociaux se multiplient, souvent impulsés par la CGT, alors acquise aux principes du syndicalisme révolutionnaire. Paris et sa banlieue sont le théâtre de manifestations rassemblant des milliers de participants qui se transforment souvent en émeutiers. Ils attaquent les bâtiments et le mobilier urbain, brûlent les trams et les bus, élèvent des barricades et tirent sur la police. Ces émeutes font suite à des grèves dures (les terrassiers de Draveil, les boutonniers de Méru). Les manifestants protestent aussi contre l'exécution du pédagogue libertaire Francisco Ferrer (1909) ou celle du cordonnier Jean-Jacques Liabeuf (1910).
Le goût de l'émeute : manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la « La Belle  Époque » par Anne Steiner. L'Échappée, 2012. 256 pages. (Dans le feu de l'action). 17 euros.

ÉTATS-UNIS. Les IWW (Industrial Workers of the World) sont un syndicat fondé en 1905 par des militants radicaux, appelés communément wobblies. Ils ont animé de nombreuses grèves avant et pendant la Première Guerre mondiale. À partir de 1917, la répression s’abat sur eux : des milliers de militants furent emprisonnés. Les IWW ne s’en relevèrent pas. Les IWW avaient comme membres des travailleurs non qualifiés de toute race et de tout sexe. Parmi ceux-ci, se trouvaient les travailleurs saisonniers qui sillonnaient le pays en resquillant dans des trains de marchandise : les vagabonds du rail ou hobos. Ce livre se compose d’une histoire des IWW ainsi que de documents d’époque et de nombreuses illustrations. Il est accompagné d’un disque compact contenant 22 chansons : des blues écrits et chantés par des hobos noirs ainsi que des chants ouvriers et protest-songs (notamment ceux de Joe Hill) soit dans d’anciennes versions, soit joués par un groupe de blues rock montreuillois contemporain.
Wobblies et hobos : IWW, agitateurs itinérants aux USA, 1905-1919 par Joyce L. Kornbluh. L’Insomniaque, 2012. 224 pages. 25 euros.

FAIT DIVERS. Mécislas Charrier (1895-1922) est le fils de l'écrivain anarchiste Mécislas Golberg. Il exerce plusieurs petits boulots et fait plusieurs séjours en prison pour divers délits. Le 25 juillet 1921, il participe à l'attaque d'une voiture de 1ère classe du train Paris-Marseille afin de dévaliser les voyageurs. L'attaque tourne mal, un passager est tué. Mécislas Charrier est arrêté et ses complices sont tués peu après lors d'un affrontement avec la police. Pendant son procès, il refuse de se défendre et se donne en spectacle. Il est condamné à mort bien qu'il ne soit pas lui-même l'assassin. Le 3 août 1922, après avoir entonné plusieurs chants révolutionnaires, cet anarchiste individualiste est guillotiné.
Moi Mécislas, voleur, pitre, anarchiste par Bernard Hautecloque. Normant, 2013. 163 pages. 15,90 euros.

LAZARE. Le journaliste anarchiste Bernard Lazare (1865-1903) est considéré comme le premier des dreyfusards. Anciennement intitulé Juifs et antisémites, ce volume rassemble tous les textes, souvent polémistes, qu’il a consacrés à la question juive. Son itinéraire est d’abord celui d’un Juif bien intégré dans la société française ayant peu de considération pour les Juifs de l’Est émigrés. Il prend peu à peu conscience de sa judéité en même temps qu’il s’engage dans le combat social. Il s’intéresse au  sionisme, mais, fidèle à ses idées anarchistes en refusant la création d’un nouvel État, il se brouillera rapidement avec Théodore Herzel. À la fin de sa vie, il était allé en Roumanie défendre les Juifs victimes d’un régime d’exclusion.
La question juive par Bernard Lazare, Allia, 2012. 224 pages. 15 euros.

LUDDITES. En Angleterre, entre 1811 et 1817, les luddites (du nom de John ou Ned Ludd qui aurait brisé des machines textiles en 1780) détruisirent les machines industrielles, accusées d’accroître le chômage, de diminuer la qualité des produits et de transformer les hommes en prolétaires. Les luddites n'étaient pas seulement opposés au progrès technique, leur mouvement était aussi révolutionnaire et s'attaquait à la bourgeoisie.
La colère de Ludd : la lutte des classes en Angleterre à l’aube de la révolution industrielle par Julius Van Daal. L’Insomniaque, 2012. 286 p. 18 €.

RIRETTE. Après un ouvrage consacré aux illégalistes anarchistes du début du XXe siècle, Anne Steiner a écrit une biographie de  Rirette Maîtrejean (1887-1968). Toute jeune, elle fuit sa famille corrézienne pour découvrir à Paris le milieu anarchiste individualiste. En 1905, elle est la gérante, avec son compagnon Victor Serge, du journal l'anarchie. Lors de l'affaire de la Bande à Bonnot, elle est inculpée de complicité et passe un an en prison. Exerçant le métier de correctrice, elle gardera toute sa vie ses opinions libertaires. C'est elle qui fit découvrir le milieu anarchiste à Albert Camus.
Rirette l’insoumise par Anne Steiner. Tulle (Corrèze) : Mille Sources, 2013, 154 pages, 13 euros.

TSIGANES. Créées en 2005 à Marseille, les éditions Égrégores ont publié six ouvrages. Aujourd’hui, Égrégores devient une collection des éditions Indigène à Montpellier. Le premier ouvrage de cette collection nous fait découvrir une population méconnue, les Doms, Tsiganes du Moyen-Orient. En Israël, Claire Auzias et Élisabeth Partouche ont rencontré les Doms de Jérusalem et des historiens spécialistes de cette population. Le livre est illustré par des photos contemporaines d’Éric Roset et des photos anciennes du fonds de l’École biblique de Jérusalem.
Tsiganes en terre d’Israël sous la direction de Claire Auzias. Indigène, 2013. 107 pages. (Égrégores). 14 euros.

VIETNAM. Les éditions L’insomniaque rééditent les souvenirs d’un témoin engagé dans la lutte contre le colonialisme au Vietnam jusqu’au début de la Guerre d’Indochine. Ngô Văn fait partie de ces révolutionnaires qui ont été réprimés aussi bien par le pouvoir colonial que par les nouveaux maîtres staliniens. Né en 1913, il s’engage dès 1932 dans le mouvement communiste oppositionnel. Il s’est exilé en France en 1948 où il a été ouvrier jusqu’en 1978. De 1969 à 1972, il a participé à la revue ICO (Informations et correspondance ouvrières). Ngô Văn est décédé le 1er janvier 2005.
Au pays de la cloche fêlée : tribulations d’un Cochinchinois à l’époque coloniale de Ngô Văn. L’insomniaque, 2013. 221 pages. (Petites insomnies). 12 euros.

YIDDISHLAND. Jean-Marc Izrine retrace l’histoire du mouvement libertaire juif de la fin du XIXe siècle jusqu’à la moitié du XXe siècle. Les libertaires juifs étaient issus de milieux populaires. Ils ont su associer identité et internationalisme en Russie, dans tous les pays d’Europe et en Amérique (États-Unis, Canada, Argentine, Uruguay). Ce livre a été publié pour la première fois en 1998 par les éditions du Coquelicot à Toulouse. Cette nouvelle édition propose 100 pages supplémentaires.
Les libertaires du Yiddishland par Jean-Marc Izrine. Alternative libertaire, 2013. 249 pages. 16 euros.

LITTÉRATURES

BA JIN. À CONTRETEMPS. N° 45, mars 2013. 72 pages. Le dossier de ce numéro est consacré au romancier chinois Ba Jin, retranscrit autrefois sous la forme Pa Kin (1904-2005). De 1921 à 1950, il a eu une intense activité d'écrivain, de traducteur et de militant anarchiste. Il devait rallier ensuite le régime maoïste avant d’être l’une des nombreuses victimes de la Révolution culturelle. Le sinologue Angel Pino est le maître d’œuvre de ce numéro qui propose des analyses et des traductions. On lira ainsi des textes d’inspiration anarchiste de Ba Jin sur le terrorisme, les IWW, le patriotisme, la « Plate-forme d'Archinov », la révolution sociale… Au sommaire également : des notes sur l’anarchisme chinois par Jean-Jacques Gandini et une bibliographie des œuvres de Ba Jin parues en français.
Adresse : Fernand Gomez, 55 rue des Prairies, 75020 Paris (courriel : a-contretemps@wanadoo.fr). À contretemps paraît depuis 2001, sans prix, mais avec des frais de plus en plus lourds, toute participation financière sera donc la bienvenue (chèque à l’ordre de Fernand Gomez). Sur Internet : http://acontretemps.org

CAMUS. En 2008, les éditions Égrégores publiaient Albert Camus et les libertaires. Lou Marin y présentait les textes qu’il avait collectés dans diverses revues de France, d’Espagne, d’Allemagne et d’Argentine. On y découvrait l’évolution de la pensée de Camus pendant la Guerre froide et son soutien aux objecteurs de conscience, aux anticolonialistes, aux syndicalistes révolutionnaires, aux révoltés de l’Europe de l’Est, aux victimes du franquisme… La quasi-totalité de ces textes de sensibilité anarchiste sont réédités aujourd’hui par les éditions Indigène.
Écrits libertaires : (1948-1960) par Albert Camus ; rassemblés et présentés par Lou Marin. Égrégores : Indigène, 2013. 388 pages. 18 euros.

EEKHOUD. Georges Eekhoud (1854-1927) est un écrivain belge d’expression française. Il est l’auteur de recueils de poésie, de pièces de théâtre, de romans, de livres historiques et de traductions. Sensible aux idées anarchistes, il était libre-penseur et pacifiste. À cause de son refus du nationalisme, il perdit son poste de professeur après la Guerre de 1914-1918. Dans ses romans, il montre sa sympathie pour les humbles : ouvriers, paysans de la Campine, marins, homosexuels, dockers et vagabonds. Cet ouvrage réunit plusieurs articles dans lesquels Georges Eekhoud parle de l’homosexualité tandis que d’autres, d’hier et d’aujourd’hui, parlent de lui comme du grand écrivain, qui le premier parmi les modernes, a peint des homosexuels avec sympathie et sensibilité.
Georges Eekhoud : un illustre uraniste : 1854-1927 : textes réunis par Mirande Lucien et Patrick Cardon. GKC, 2012.  108 pages. (Question de genre). 14 euros.

HUMOUR. Étienne Liebig, de son vrai nom Stéphane Maggi (ça ne s'invente pas !) est musicien et humoriste. Il participe à plusieurs publications, notamment Le Monde libertaire et Siné mensuel. Il est l'auteur de livres de sociologie sur les Roms et sur les jeunes et de textes d'humour et érotiques. Sexercices de style, à la manière de Raymond Queneau, propose 53 variantes de la même histoire érotique en passant à la moulinette les auteurs d'hier et d'aujourd'hui. Les nouveaux cons est une série de soixante portraits au vitriol : les fans du Dalaï Lama, les bricoleurs, les cyclistes dopés, les auteurs qui se prennent pour de grands écrivains, les sportifs du dimanche...
Sexercices de style par  Étienne Liebig. La Musardine, 2013. 252 pages. 16 euros. Les nouveaux cons : saison 2 par Étienne Liebig. Michalon, 2013. 237 pages. 16 euros.

MECKERT-AMILA Jean Meckert (1910-1995) fut l'une des figures majeures du roman noir français. Sous le pseudonyme de Jean Amila, il a écrit une vingtaine de romans dans la Série noire entre 1950 et 1985. Ses romans publiés auparavant sous le nom de Jean Meckert appartiennent au courant de la littérature prolétarienne. Pierre Gauyat est l’auteur d’une thèse sur Meckert-Amila. Il y a étudié les rapports entre littérature ouvrière et polar ainsi que les divers thèmes présents dans l’œuvre d’Amila : antimilitarisme, pacifisme, anticolonialisme, lutte contre la peine de mort, communisme et anarchisme. Une importante bibliographie (30 pages) complète cette étude.
Jean Meckert, dit Jean Amila : du roman prolétarien au roman noir contemporain par pierre Gauyat. Encrage, 2013. 351 pages. (Travaux). 27 euros.

MÉRIC. Journaliste et écrivain, Victor Méric (1876-1933) passa de l'anarchisme au socialisme révolutionnaire. En 1917, il est séduit par la Révolution russe mais son adhésion au communisme se termine dès 1923. Il crée alors la Ligue internationale de la Paix. Il est l'auteur de romans, de pièces de théâtre et d'essais (sur l'armée, le problème sexuel, la révolution, la « Bande à Bonnot »... Les deux volumes de À travers la jungle politique et littéraire sont parus en 1930 et 1931. Il s'agit d'une série de portraits : Laurent Tailhade, Gustave Hervé, Jean Jaurès, Camille Pelletan, Zo d'Axa, Gaston Couté, Georges Darien, Marcel Sembat...
À travers la jungle politique et littéraire par Victor Méric. Archives Karéline, 2013. 282 pages. Reproduction en fac-similé de l’édition de Paris : Valois, 1930. 39 euros. À travers la jungle politique et littéraire : 2e série : coulisses et tréteaux par Victor Méric. Archives Karéline, 2013. 191 pages. Reproduction en fac-similé de l’édition de Paris : Valois, 1931. 39 euros.

MESSAC. Régis Messac (1893-1945) était un enseignant proche des libertaires et des écrivains prolétariens. Il est l’auteur de romans de science-fiction et d’une thèse sur le roman policier. Membre de la Résistance, il est déporté et il meurt quelque part en Allemagne. Les éditions Ex nihilo ont déjà réédité plusieurs de ses romans et essais. Elles publient maintenant les actes d’une journée d’étude consacrée à l’abondante production journalistique de Régis Messac. Il a, en effet, publié de nombreuses critiques littéraires et sociales dans des revues universitaires et pédagogiques mais aussi dans des périodiques engagés à gauche et à l’extrême-gauche tels que Nouvel âge,     La Révolution prolétarienne, Monde, L’École émancipée, Les Humbles ou Les Primaires.
Régis Messac : l’écrivain journaliste à re-connaître : textesréunis par Natacha Vas-Deyres et Olivier Messac. Ex nihilo : Université Michel-de-Montaigne-Bordeaux 3, 2011. 257 pages. 15 euros.

MÜHSAM. Erich Mühsam (1878-1934) a été l’un des acteurs majeurs de la révolution bavaroise des conseils (1919), aux côtés de Gustav Landauer et B. Traven. Ce poète anarchiste luttait contre le nationalisme, l'État et le capital. Il a été pendu par les SS au camp de concentration d’Oranienburg. Ces Journaux intimes constituent un témoignage irremplaçable sur la vie de la bohème avant 1914 et sur les conditions d’existence des révolutionnaires emprisonnés durant les premières années de la république de Weimar.
Bohême et révolution : journaux intimes (1910-1924) par Erich Mühsam. Éditions du Sandre, 2011. 424 pages. 26 euros.

PHILIPPE. Fils d’un sabotier de l’Allier, Charles-Louis Philippe (1874-1909) obtient un poste de fonctionnaire à Paris. Ses sympathies allaient vers l’anarchisme. Dans ses romans, il décrit la vie des petites gens et il fustige les parvenus et les puissants. Les éditions Plein chant ont réuni les chroniques judiciaires qu’il avait publiées dans le journal Le Canard sauvage. Ce sont de vrais manifestes contre la misère et l’humiliation subie par une grande partie de la population.
Chroniques du Canard sauvage par Charles-Louis Philippe. Plein chant, 2012. 192 pages. (Voix d’en bas). 14 euros.

POÉSIE. Éditeur, André Bonmort anime les éditions Sulliver. Il y publie d’une part de la littérature et d’autre part des livres de sciences humaines et de critique sociale. Poète, il a déjà publié trois titres dans cette même collection. Avec colère, André Bonmort y dénonce les méfaits du monde actuel : déshumanisation, pollution généralisée, menaces du nucléaire civil et militaire. Il fait aussi le procès de la domination des pays du Nord sur ceux du Sud. Il s’inquiète de la transformation de notre langue qui est de plus en plus au service des dominants. Il prône l’usage d’une nouvelle langue, insoumise, poétique et politique, en voulant redonner aux mots leur sens véritable.
La guérilla des poètes par André Bonmort. Sulliver, 2012. 153 pages. (Littératures actuelles). 14 euros.

POULAILLE. Henry Poulaille (1896-1980) est un écrivain anarchiste français. Créateur du courant de la littérature prolétarienne, il est l’auteur de nombreux romans, d’essais sur le cinéma, les lettres, les traditions populaires. Il a fondé une dizaine de revues dans lesquelles il faisait la promotion de la littérature d’expression populaire et des utopies sociales. Jean-Paul Morel, Jérôme Radwan et Patrick Ramseyer, trois animateurs de l’Association des Amis d’Henry Poulaille ont réuni des textes, des préfaces et des prières d’insérer consacrés à une cinquantaine d’auteurs que défendait Poulaille avec acharnement.
Nouvel âge littéraire : 3 : la littérature par le peuple par Henry Poulaille  Les Amis d’Henry Poulaille : Plein chant, 2013. 522 pages. (Voix d’en bas). 26 euros.

POUR LES ENFANTS. Vive l’anarchie ! est la traduction d'un album pour enfants qui a déclenché la colère du Tea Party aux États-Unis. Ce sont des conseils de vie qui donnent à réfléchir sur notre société, ses règles, la consommation, l'ordre établi et la liberté.
Vive l’anarchie ! : petit guide pour penser autrement par John Seven, illustré par Jana Christy. Graine 2, 2013. 40 pages. 12 euros.

RICTUS. Jehan Rictus (1867-1933) était un poète et chansonnier social. Proche des anarchistes avant 1914, il aura ensuite des positions nationalistes et d’extrême droite. Ses recueils de poèmes évoquent l’amour, la souffrance, la mort, le travail, le bistrot… lls donnent la parole aux victimes, exclus et marginaux. Sa langue mêle le parler picard du Boulonnais et l’argot parisien. Ce volume réunit pour la première fois l’intégrale des poésies que Jehan Rictus fit paraître. On y lira ses deux recueils majeurs, Les soliloques du pauvre (1897, revu en 1903) et Le cœur populaire (1914), puis un grand nombre de poèmes qui n’avaient été publiés qu’en revues ou dans des plaquettes devenues introuvables. Il s’accompagne d’une étude, de notes, et d’un lexique d’argot.
Poésies complètes de Jehan Rictus. La Part commune, 2012. 816 pages. 28 euros.    

JEAN SÉNAC. Né Pied-noir en Algérie en 1926, le poète Jean Sénac devient partisan de l’indépendance dès 1955 et se brouille avec son ami Albert Camus. Il se voulait sans étiquettes mais il était à la fois socialiste, anarchiste, révolutionnaire, chrétien mécréant et homosexuel… Après l’indépendance, il vit comme un marginal car il refuse de faire allégeance au régime de Boumédiène. En 1973, il est assassiné dans un taudis d’Alger. Ce crime n’a toujours pas été élucidé. Max Leroy a précédemment publié un livre sur Léo Ferré.
Citoyen du volcan : épitaphe pour Jean Sénac par Max Leroy. Atelier de création libertaire, 2013. 186 pages. 14 euros.

ROORDA 1. Henri Roorda (1870-1925) est un pédagogue libertaire suisse, disciple d’Élisée Reclus, qui enseigna à l’École Ferrer de Lausanne. Ce professeur de mathématiques était aussi écrivain et humoriste. Une exposition lui a rendu hommage en 2009 à Lausanne. Les éditions Mille et une nuits proposent la réédition de trois de ses ouvrages. Dans Le rire et les rieurs, il s'attaque de façon claire et ludique aux théories du rire, généralement bien ennuyeuses. Ce texte est suivi de Mon suicide qui résume son existence et qu’il a écrit avant de se tirer une balle dans le cœur. Le roseau pensotant rassemble des chroniques parues dans la presse. Il y philosophe de façon légère et humoristique sur des sujets parfois graves. Le pédagogue n'aime pas les enfants est un pamphlet contre l’école et les enseignants qui cherchent à inculquer la soumission aux enfants.
Le rire et les rieurs ; suivi de Mon suicide par Henri Roorda. Mille et une nuits, 2011. 108 pages. (La petite collection ; 587). 3,50 euros. Le roseau pensotant par Henri Roorda. Mille et une nuits, 2011. 154 pages. (La petite collection ; 596). 4,50 euros. Le pédagogue n'aime pas les enfants par Henri Roorda. Mille et une nuits, 2012. 134 pages. (La petite collection ; 597). 4,50 euros.

ROORDA 2. Henri Roorda (1870-1925) est un pédagogue libertaire suisse, disciple d’Élisée Reclus, qui enseigna à l’École Ferrer de Lausanne. Ce professeur de mathématiques était aussi écrivain et humoriste. Après des ouvrages de pédagogie et des articles anarchistes, il publie régulièrement dans la presse suisse. Il s’en prend aux usages sociaux. À prendre ou à laisser (1919) réunit le meilleur de ses paradoxes, jeux de mots au pied de la lettre et historiettes tendres et moqueuses. Les saisons indisciplinées est un recueil de chroniques hebdomadaires qu’il écrivait dans les journaux de Lausanne et de Genève. Il y est autant question de raclette que de fondue, des compagnies d'assurance que du système pileux, du droit de l'animal que de l'amour, des avions que des camions, de la combustibilité de la femme que du chat de l'auteur. De leur côté, les éditions Le Flibustier proposent quatre courtes pièces de théâtre écrites par Henri Roorda : Le Silence de la bonne, Un amoureux, Un beau divorce et La Ligue contre la Bêtise. Avec humour, il met en scène des hommes emplis de belles et grandes idées qui se heurtent aux conventions sociales et à leurs propres contradictions.
À prendre ou à laisser : le programme de lecture du professeur d’optimisme par Henri Roorda. Mille et une nuits, 2012. 248 pages. (La petite collection ; 612). 5 euros. Les saisons indisciplinées par Henri Roorda. Allia, 2013. 448 pages. 20 euros. La Ligue contre la bêtise ; et autres fantaisies théâtrales par Henri Roorda. Le Flibustier, 2012. 146 pages. 11 euros.

RYNER. Han Ryner (1861-1938), écrivain anarchiste individualiste, n'a jamais hésité à défendre les libertés, en particulier pour toutes les formes d'amour et de sexualité. Dans La fille manquée (1903), il aborde l'homosexualité dans le cadre du collège de Forcalquier où il avait lui-même enseigné entre 1877 et 1879. Ce livre étonnant et très cru a été, on s'en doute, éreinté par la critique.
La fille manquée par Han Ryner. GKC, 2013. 184 pages. 17 euros.

SENDER. Ramón José Sender (1901-1982) est surtout connu comme l’auteur du Requiem pour un paysan espagnol. Né en Aragon (Espagne), ce journaliste anarchiste est devenu célèbre très jeune pour ses écrits contre l’injustice. Son frère et sa femme sont fusillés par les franquistes. Il s’exile aux États-Unis où il enseigne la littérature. Il ne revient en Espagne qu’en 1974. Il est l’auteur de plus de soixante romans dont une dizaine seulement ont été traduits en français. Les éditions Attila en ont récemment publié deux. L’empire d’un homme est l’histoire d’un villageois que l’on croyait mort et qui réapparaît quinze ans plus tard. Tout le village est plongé dans le trouble et le malaise, en particulier la femme du disparu et les familles de ceux qui ont été condamnés à tort de son meurtre. Le fugitif met en scène un homme traqué qui trouve refuge dans le clocher d'une église. Il est ensuite arrêté, jugé et condamné à mort. Face à son indifférence devant la mort, ses bourreaux décident qu'il ne mourra pas tant qu'il n'aura pas retrouvé le goût de la vie C’est le roman d'un innocent persécuté qui échappe, par le désir de mourir, à ses poursuivants.
L’empire d’un homme par Ramón José Sender. Attila, 2011. 235 pages. 18 euros. Le fugitif par Ramón José Sender. Attila, 2011. 216 pages. 18 euros.

SHELLEY. Le grand poète romantique anglais Percy Bysshe Shelley (1792-1822) est aussi l’auteur de textes séditieux qui sont pour la première fois réunis en recueil. Les notes du poème philosophique La Reine Mab, livre fétiche et clandestin du mouvement ouvrier anglais, se lisent comme une succession de pamphlets : réfutation du christianisme, plaidoyer pour l’amour libre, défense du végétarisme. On pourra lire également L’Adresse au peuple sur la mort de la princesse Charlotte et La Mascarade de l’anarchie.
Écrits de combat par Percy Bysshe Shelley. L’Insomniaque, 2012. 288 pages. 18 euros.

MUSIQUES

BRASSENS. En juin 2012, la Monnaie de Paris a émis 27 nouvelles pièces dans le cadre des euros des régions. En Languedoc-Roussillon, c’est le poète et auteur-compositeur-interprète anarchiste sétois Georges Brassens qui est représenté sur une pièce de 10 euros. À côté de Brassens fumant la pipe, il y a une guitare et plusieurs titres de ses chansons sont mentionnés : Mourir pour des idées, Auprès de mon arbre, Chanson pour l’Auvergnat, Le gorille, Les copains d’abord et Bonhomme. Cette pièce est disponible dans les bureaux de poste de la région Languedoc-Roussillon.

CAGE. En 1948, le compositeur anarchiste américain John Cage (1912-1992) donnait une conférence à New York. Il y racontait son itinéraire et ses influences. Tenté d'abord par l'architecture, il se tourne ensuite vers la peinture et la musique. L'éventail de ses références est énorme : la danse moderne, le jazz, le futurisme italien, les rites des Indiens Navajo... Sa théorie de la musique  est tirée de son expérience.
Confessions d’un compositeur = A composer’s confessions par John Cage. Allia, 2013. 48 pages. (Petite collection). Textes anglais et français en tête-bêche. 6,20 euros.

COUTÉ. Gaston Couté (1880-1911) était un poète-chansonnier anarchiste. Aux alentours de 1900, il était célèbre dans les cabarets de Montmartre. Depuis un siècle son œuvre n’est pas tombée dans l’oubli et a été interprétée par des dizaines d’interprètes. Élisabeth Pillet est l’une des rares universitaires à s’intéresser à Gaston Couté. Elle a étudié la langue de l’œuvre de Couté qui a utilisé de nombreux mots de patois de la Beauce. Elle évoque aussi l’histoire de la chanson et de la poésie françaises à la Belle Époque à travers les textes, les lieux et les publics.
Gaston Couté, le dernier des poètes maudits : chanson, poésie et anarchisme à la Belle Époque par Élisabeth Pillet. Montpellier : Presses universitaires de la Méditerranée, 2012. 352 pages + 1 disque compact audio. (Arts). 23 euros.

CHANSON 1. Jean Buzelin et Christian Marcadet ont réalisé une anthologie de près de cinquante chansons anarchistes et pacifistes écrites entre 1820 et 1990. Ces chants militants expriment, parfois avec humour,  le refus de l’autorité, de l’État, de la guerre et des églises. Parmi les auteurs et interprètes, on écoutera Raymond Souplex, Yves Montand, Jean Weber, Aristide Bruant, Charles d’Avray, Marianne
Oswald, Georges Brassens, Léo Ferré, Marc Ogeret…
L’esprit anarchiste : 1820-1990 : de la Commune à Mai 68 : chansons anarchistes et pacifistes. Frémeaux et associés, 2013. 2 disques compacts + 1 livret. 29,99 euros.

CHANSON 2. COURANT ALTERNATIF. N° hors-série 18, printemps 2012. 56 pages. 5 euros. Ce numéro a pour titre : Chantons la bouche pleine ! Il s'agit d'un recueil de chansons sociales et révolutionnaires. La majorité sont en français mais on en trouve aussi en castillan, en anglais, en italien et même en yiddish. Elles parlent de la Commune de Paris, de la Révolution espagnole, de Mai 68... Elles évoquent les conditions de travail, la répression, l'exil, l'antimilitarisme ou bien l'antifascisme.
Adresse : OCL, c/o Égrégore, BP 1213, 51058 Reims cedex (courriel : oclibertaire@hotmail.com). L'abonnement est de 30 euros pour 10 numéros et les hors-séries (chèque à l'ordre de La Galère). Sur Internet : http://oclibertaire.free.fr

GUY CIANCIA. Depuis les années 1960, Guy Ciancia, « un type pas très net », compose, écrit et chante. On peut le voir et l’écouter dans son quartier de Wazemmes à Lille et parfois plus loin (dans le Pas-de-Calais…). Les documents sonores dans lesquels on peut l’entendre sont très rares. Le 27 mars 2013, sortira son disque compact intitulé Dans ma rue. Il y aura douze chansons qui font partie de son répertoire actuel. À cette occasion, un concert aura lieu à        La Maison folie de Wazemmes.
Dans ma rue par Guy Ciancia. ASQFA, 2013. 1 disque compact. 46 minutes. 16,50 euros (port compris, chèque à l’ordre de l’ASQFA)).
Adresse: ASQFA, 33 bis rue de Lens, 6 villa Saint-Michel, 59000 Lille (tél ; : 06 48 46 55 64). Sur Internet : http://www.ciancia.net/

JoMo. De son vrai nom Jean-Marc Leclercq, JoMo est un musicien toulousain polyglotte. Il chante en de nombreuses langues, notamment l’espéranto et l’occitan dans sa variante gasconne. Il a appartenu à diverses formations musicales depuis 1977. L’une d’elles s’appelle Les Libertaires avec laquelle il pratique un rock’n roll cosaque libertaire.  Il est aussi auteur : un roman en gascon sur l’Ukraine de Makhno (Ucraïna, IEO, 2006) et un guide de conversation français-gascon (Assimil, 2004).
Site Internet : http://www.jmleclercq.eu/ Sur ce site multilingue (français, occitan, espéranto, polonais), on peut écouter les chansons de JoMo et consulter la liste de ses concerts.

LÉO FERRÉ. Max Leroy s’est intéressé à l’engagement anarchiste de Léo Ferré (1916-1993) à travers ses chansons, ses interviews et ses textes. Il n’était pas un militant mais il a souvent été solidaire et il a été un témoin critique de son temps : de l’Irlande du Nord à la chute d’Allende, de la guerre d’Algérie à la dictature franquiste. Il a dénoncé les travers de la démocratie bourgeoise, l’impérialisme, le cléricalisme, la presse aux ordres, la peine de mort…
Les orages libertaires : politique de Léo Ferré par Max Leroy. Atelier de création libertaire, 2012.  154 pages. 12 euros.

THÉORIES ET PRATIQUES

DROIT. Le droit utilisé par l'État est un outil de domination contesté par les anarchistes. Thom Holterman est anarchiste et juriste hollandais, rédacteur de la revue De AS. Il montre qu'il peut exister un droit non étatique que les anarchistes utilisent sans s'en rendre compte. Ce droit s'inscrit dans l'esprit de Pierre-Joseph Proudhon et Élisée Reclus qui pensaient l'anarchie comme plus haute expression de la société.
L’anarchisme c’est réglé ! : un exposé anarchiste sur le droit par Thom Holterman. Atelier de création libertaire, 2013. 72 pages. 6 euros.

ELLUL. Jacques Ellul (1912-1994) est une personnalité étonnante puisqu'il fut à la fois professeur d'histoire du droit, sociologue, penseur de la technique et de l'aliénation et théologien protestant. Il est l'auteur d'un millier d'articles et de plus de soixante ouvrages dont plusieurs sont actuellement réédités. Sa critique de la société moderne est d'inspiration libertaire. Critique sévère du christianisme, on peut le qualifier d'anarchiste chrétien ; il est d'ailleurs l'auteur d'un livre intitulé Anarchie et christianisme (ACL, 1988).
Je suis sincère avec moi-même ; et autres lieux communs par Jacques Ellul. Gallimard, 2013. 94 pages. (Folio ; 5526. Folio 2 euros. Sagesses). 2 euros. Pour qui, pour quoi travaillons-nous ? par Jacques Ellul. La Table ronde : Quai Voltaire, 2013. 253 pages. (La petite Vermillon ; 379). 8,70 euros. Héritier d’Ellul : centenaire Jacques Ellul (1912-1994) : actes des conférences du 12 mai 2012. La Table ronde, 2013. 194 pages. (La petite Vermillon ; 380). 7,10 euros. Jacques Ellul contre le totalitarisme technicien présenté par Serge Latouche. Le Passager clandestin, 2013. 107 pages. (Les précurseurs de la décroissance). 8 euros. Jacques Ellul : une pensée en dialogue par Frédéric Rognon. Nouvelle édition. Genève : Labor et Fides, 2013. 400 pages. (Le champ éthique ; 48). 27 euros.

ENCYCLOPÉDIE. Les Éditions des Équateurs proposent une réédition en plusieurs volumes de L'Encyclopédie anarchiste publiée en 1934 sous la direction de Sébastien Faure (1858-1942). Plusieurs centaines d'entrées, par ordre alphabétique, donnent des points de vue anarchistes dans tous les domaines : arts, économie, morale, politique, religion, sciences...
L'Encyclopédie anarchiste : lettres A B C  sous la direction de Sébastien Faure. Éditions des Équateurs, 2012. 600 pages. 30 euros.

FERRER. Anarchiste, franc-maçon, rationaliste et pédagogue, Francisco Ferrer (1859-1909) créa en 1901 L’École moderne à Barcelone. Jusqu’en 1906, elle proposa la mixité sociale et de genre, l’expérimentation scientifique, la participation active des enfants, l’implication des parents, l’abolition des examens et des sanctions. Ferrer est ainsi devenu la cible du clergé et de la monarchie. En 1909, considéré comme responsable d’émeutes pendant la Semaine tragique, il sera fusillé. Emprisonné, il écrivit le bilan de son école L’École moderne, proposé en annexe dans une nouvelle traduction. Sylvain Wagnon est enseignant-chercheur en histoire à l’Université de Montpellier 2. Il s’intéresse à l’histoire de l’éducation nouvelle et libertaire et à l’histoire des pratiques pédagogiques alternatives.
Francisco Ferrer : une éducation libertaire en héritage par Sylvain Wagnon. Suivi de L’École moderne par Francisco Ferrer. Atelier de création libertaire, 2013. 288 pages. 18 €.

FRANC-MAÇONNERIE. Pour Léo Campion (1905-1992), la franc-maçonnerie avait une vocation libertaire. Les anarchistes qui y participent sont une minorité. L’auteur présente les biographies de francs-maçons anarchistes en insistant sur l’humanisme, valeur commune aux deux courants de pensée. Sont évoquées entre autres les figures de Bakounine, Reclus, Louise Michel, Robin, Ferrer, Faure et Voline. Cet ouvrage était paru pour la première fois en 1969 aux éditions Culture et liberté (Marseille) sous le titre Les anarchistes dans la franc-maçonnerie. Il y avait deux versions, une courte (176 pages) et une plus longue (242 pages) contenant des biographies de francs-maçons en activité. Il avait été ensuite remanié et était paru en 1978 aux éditions Goutal-Darly puis en 1996, 2002 et 2004 aux éditions Alternative libertaire.
Le drapeau noir, l’équerre et le compas par Léo Campion. Augmenté de deux textes de Patricio Salcedo. K’A, 2013. 197 p. 20 €.

GÉOGRAPHIE. La géographie et l'anarchie ont une logique commune. Beaucoup de centres d'intérêts les rapprochent : une vision du monde et des peuples, la compréhension de l’Ailleurs, la reconnaissance des besoins humains et des ressources, l’aménagement du territoire, la commune et le fédéralisme, la poésie et le paysage, le rapport à la nature et la confrontation avec l’écologie. Philippe Pelletier, lui-même géographe, s'est intéressé à l'œuvre de trois géographes anarchistes : Élisée Reclus, Pierre Kropotkine et Léon Metchnikoff.
Géographie et anarchie : Reclus, Kropotkine, Metchnikoff par Philippe Pelletier. Les Éditions Libertaires : éditions du Monde libertaire, 2013. 640 pages. 24 euros.

KROPOTKINE. Géographe, aristocrate, anarchiste russe, Pierre Kropotkine (1842-1921) est le théoricien du communisme libertaire. Parus en 1899, ses mémoires se lisent comme un grand récit d'aventures. Devenu officier au service du tsar, il sillonne la Sibérie comme géographe, avant de quitter l'armée. En 1871, il adhère à l'Association internationale des travailleurs. Emprisonné, il s'évade et séjourne en Angleterre, en Suisse, en Belgique et en France.   Il est régulièrement expulsé pour les idées qu'il diffuse dans son journal Le Révolté. En 1882, il est emprisonné à Clairvaux puis gracié. Exilé à Londres, il revient en Russie juste avant la révolution d'octobre 1917. Il dprend vite conscience de la nature autoritaire du régime bolchevik.
Autour d'une vie : mémoires d'un révolutionnaire par Pierre Kropotkine. Nouvelle édition. Éditions du Sextant, 2012. 480 pages. (Mémoires). 26 euros.

LIBERTAD. Anarchiste individualiste, Libertad (1875-1908) a participé à l'essor du mouvement des Causeries populaires. Il est le fondateur en 1905 du journal l'anarchie (sans majuscules). Mutines séditions propose un recueil de 40 articles et un choix de correspondances de Libertad, écrits entre 1898 et 1908. Certains textes sont inédits. Ils sont complétés par une note biographique, des illustrations et divers textes.
Et que crève le vieux monde ! par Albert Libertad. Mutines Séditions, 2013. 276 pages. 8 euros.

PALANTE. Georges Palante (1862-1925) était professeur de philosophie. Dans ses écrits, il critique le grégarisme ainsi que les dérives autoritaires du socialisme et du marxisme. Pour lui, l’individualisme est un combat perpétuel contre la société pour conserver son intégrité. L’ariste est celui qui refuse la domination et le fatalisme de la soumission. Dominique Depenne, docteur en sociologie politique, a écrit deux gros volumes dans lesquels il analyse la philosophie de Georges Palante.
La philosophie de Georges Palante : 1 : l’ariste par Dominique Depenne. Archives Karéline, 2013. 267 pages. 36 euros. La philosophie de Georges Palante : 2 : l’hérésie permanente par Dominique Depenne. Archives Karéline, 2013. 456 pages. 42 euros.

PÉDAGOGIE. Grégory Chambat propose une relecture des classiques de la pédagogie, en particulier ceux qui avaient une vision émancipatrice et révolutionnaire. Ce recueil rassemble des chroniques précédemment parues dans N’autre école revue de la CNT-éducation. Elles évoquent notamment  Francisco Ferrer, Célestin Freinet, Paulo Freire, Ivan Illich et Jacques Rancière, mais aussi les figures des syndicalistes révolutionnaires Fernand Pelloutier et Albert Thierry ainsi que les réalisations pédagogiques de la Révolution espagnole.
Pédagogie et révolution : questions de classe et (re)lectures pédagogiques par Grégory Chambat. Libertalia, 2011. 300 pages. (Terra incognita). 14 euros.

PHILOSOPHIE. Depuis une vingtaine d'années, les recherches sur les pensées et pratiques libertaires se sont multipliées. Ce livre rassemble les interventions du  colloque international organisé à  Lyon en mai 2011 sur le thème Philosophie de l'anarchisme. Leurs auteurs ont voulu confronter d'une part les savoirs et les pratiques et d'autre part la  philosophie et la sociologie. Ils s'interrogent sur les pratiques d’émancipations et les formes de contestations radicales de la domination, vues sous l'angle anarchiste.
Philosophie de l'anarchisme : théories libertaires, pratiques quotidiennes et ontologie sous la direction de Jean- Christophe Angaut, Daniel Colson et Mimmo Pucciarelli. Atelier de création libertaire, 2012. 460 pages. 20 euros.

RECLUS 1. Les éditions Héros-limite rééditent deux ouvrages des frères Élie et Élisée Reclus. L’homme des bois rassemble les articles que les Reclus ont consacrés aux Indiens d’Amérique. Ils sont passionnés par les us et coutumes des populations autochtones. Le regard qu’ils portent sur elles ne relève jamais de la supériorité. Physionomies végétales est l’œuvre d’Élie. Cet ethnologue y évoque la nature à travers les portraits d’un bouleau, d’un chêne, de la montagne, de la rose ou du sapin.
L’homme des bois : les populations indiennes d’Amérique du Nord par Élie et Élisée Reclus. Héros-limite, 2012. 218 pages. (Feuilles d’herbe). 10 euros. Physionomies végétales : portraits d’arbres et de fleurs, d’herbes et de mousses par Élie Reclus. Héros-limite, 2012. 184 pages. (Géographie(s)). 18 euros.

RECLUS 2. La montagne réunit deux textes : un extrait d’Histoire d’une montagne d’Élisée Reclus et Une marche au Wachusett d’Henry David Thoreau. Une connivence relie ces deux écrits qui donnent une vision « aérienne » de la montagne, bien avant l’invention de l’aviation. Le texte de Thoreau est complété par des poèmes, celui de Reclus est proche du poème en prose. De leur côté, les éditions À la frontière ont rassemblé les lettres qu’ont échangées Élisée Reclus et Pierre-Jules Hetzel, l’éditeur renommé de Jules Verne et de Victor Hugo. Après sa participation à la Commune, Reclus fut emprisonné à Brest puis il s’exila en Suisse. Avec son éditeur, il parle de la fabrication de deux de ses ouvrages Histoire d’un ruisseau et Histoire d’une montagne ainsi que de la situation politique de la France et de l’enseignement de la géographie. Écrits sociaux rassemble les écrits qu’Élisée Reclus a consacrés à l’anarchie entre 1851 et 1904. Cette anthologie a été constituée et financée par Severino Di Giovanni (1901-1931), un jeune anarchiste italien, émigré en Argentine dans les années 1920. Cet admirateur de Reclus pratiquait les expropriations. Fusillé à 30 ans, il n’a pu faire paraître qu’un seul volume de textes de Reclus.
La montagne par Henry David Thoreau et Élisée Reclus. Atelier de l’agneau, 2012. 70 pages. (Litté-nature ; 3). 14 euros. Lettres de prison et d’exil par Élisée Reclus ; édité par Federico Ferretti. À la frontière, 2012. 160 pages. 12 euros. Écrits sociaux par Élisée Reclus. Héros-limite, 2012. 250 pages. (Feuilles d’herbe). 11 euros.

RECLUS 3. Le premier livre (grand format, avec de nombreuses illustrations) des éditions Noir et rouge s’intéresse aux rapports entre le géographe anarchiste Élisée Reclus (1830-1905) et les États-Unis. Ronald Creagh montre que ce pays a occupé une place importante dans la vie de Reclus.  Il a vécu en Louisiane en 1852 et a écrit plus tard un récit de voyage sur un voilier (Fragment d’un voyage à la Nouvelle-Orléans). Ce texte est reproduit en fac-similé. Reclus a aussi écrit des articles sur la Guerre de Sécession. Puis à la fin de sa vie, il est retourné aux  États-Unis pour préparer un volume de sa Nouvelle géographie universelle. De leur côté, les éditions du Sextant ont, elles aussi, réédité Fragment d’un voyage à la Nouvelle-Orléans.
Élisée Reclus et les États-Unis par Ronald Creagh. Suivi de Fragment d’un voyage à la Nouvelle-Orléans par Élisée Reclus. Noir et rouge, 2013. 69 pages. 14 euros. Fragment d’un voyage à la Nouvelle-Orléans par Élisée Reclus. Éd. du Sextant, 2013. 77 pages. 9 euros.

SCHÉRER. Né en 1922, René Schérer a enseigné la philosophie, en particulier à l'université de Vincennes après mai 1968. Il a participé aux activités du FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire). C'est lui qui a réédité pour la première fois Le nouveau monde amoureux de Charles Fourier. Il a développé le thème de l'hospitalité, pratique érotique, qui s'oppose aux États et aux nations et transgresse les différences de classes sociales, d'âge, de race et de sexe. L'âme atomique, écrit en 1986 avec son compagnon Guy Hocquenghem, réhabilite la sensibilité baroque et la question de l'âme. L'âme, avec ses dimensions esthétique, poétique et artistique, n'a pas disparu à l'époque technologique.
René Schérer ou la parole hospitalière. L’Harmattan, 2013. 142 pages. (La philosophie en commun). 14,50 euros. L’âme atomique : pour une esthétique d’ère nucléaire par Guy Hocquenghem et René Schérer. Éditions du Sandre, 2013. 350 pages. 26 euros.

SEXUALITÉS. RÉFRACTIONS. N° 29, automne 2012. 191 pages. 15 euros. Ce numéro a pour titre : Voies sexuelles, voix désirantes.
Il comporte plusieurs parties : « Sexualités en anarchie », « Psychanalyse et libération sexuelle », « Les sexualités : terrains de luttes et d’expérimentations ». Les textes sont signés par Daniel Colson, Alain Thévenet, Jacques Lesage de La Haye… Ce dossier est complété par des débats, un texte de Gustav Landauer et des critiques de livres et de revues. Les textes sont toujours accompagnés de nombreuses illustrations.
Adresse : Les Amis de Réfractions, c/o Publico, 145 rue Amelot, 75011 Paris (courriel : refractions@plusloin.org). L’abonnement est de 26 euros pour deux numéros et de 50 euros pour quatre numéros (chèque à l’ordre des Amis de Réfractions). Sur Internet : http://refractions.plusloin.org

STIRNER. Cet ouvrage commence par une biographie du philosophe allemand Max Stirner (1806-1856). Elle est suivie d'une analyse de son œuvre maîtresse L'Unique et sa propriété qui a influencé de nombreux révolutionnaires et anarchistes individualistes. Le livre se termine par un texte de Daniel Joubert qui étudie la critique que Karl Marx fit de L'Unique dans L'idéologie allemande. L'ensemble est complété par une riche bibliographie et de nombreuses illustrations.
Marx Stirner : le philosophe qui s'en va tout seul par Tanguy L'Aminot. Suivi de Marx versus Stirner par Daniel Joubert. L'Insomniaque, 2012. 208 pages. 18 euros.

TECHNOLOGIES. Le déferlement technologique change nos vies et nos comportements : cartable électronique, cloud, e-book, Twitter, tablette tactile, Facebook, smartphone, big data… Ces nouvelles technologies recomposent le monde selon leur propre logique, celle de la performance et de l’efficacité. L’homme numérique croit avoir trouvé l’autonomie mais pour rester dans la course, il multiplie les machines et ce sont elles qui désormais le possèdent.
L’emprise numérique : comment Internet et les nouvelles technologies ont colonisé nos vies par Cédric Biagini. L’Échappée, 2012. 192 pages. (Pour en finir avec).14 euros.

THOREAU. Maximilien Le Roy et A. Dan retracent en bande dessinée un épisode de la vie de Henry David Thoreau (1817-1862). En mars 1845, celui-ci est retourné à Concord (Massachusetts), son village natal. Lassé des grandes villes et d'une société trop rigoriste, le poète philosophe a choisi de revenir à une vie simple, proche de la nature, dans la cabane qu'il s'est construite. C'est dans ce cadre qu'il écrira certains de ses essais. Par ailleurs, les éditions Nautilus rééditent son texte le plus célèbre Résistance au gouvernement civil, autrefois traduit sous le titre de De la désobéissance civile. Ce texte est une référence pour les désobéisseurs d’hier (Tolstoï, Gandhi, Luther King) et d’aujourd’hui. Il est suivi d’un soutien à l’action de John Brown, condamné à mort pour avoir pris les armes pour la libération des esclaves. De leur côté, les éditions Finitude ont commencé la publication du Journal de Thoreau (7 000 pages !) avec un premier volume. Un deuxième tome est annoncé pour 2013. Enfin, les éditions Le Mot et le reste publient deux de ses textes où il parle des forêts et des arbres, faisant figure de précurseur de l’écologie.
Thoreau : la vie sublime par Maximilien Le Roy, illustré par A. Dan. Le Lombard, 2012. 81 pages. (Contrechamp). 20,50 euros. Résistance au gouvernement civil ; et Un plaidoyer pour le capitaine John Brown par Henry David Thoreau. Suivi de John Brown par Victor Hugo. Nautilus, 2011. 128 pages. 12 euros. Journal : 1 : 1837-1840 : 22 octobre 1837-31 décembre 1840 par Henry David Thoreau. Finitude, 2012. 256 pages. 22 euros. Teintes d’automne ; suivi de La succession des arbres en forêt par Henry David Thoreau. Le Mot et le reste, 2012. 85 pages. (Attitudes). 10 euros.

VULGARISATION. Philippe Pelletier s’attache ici à analyser les différentes facettes de l’anarchisme en passant en revue les diverses idées reçues. On ne retient souvent que les actions terroristes ou l'image de grand désordre. Il montre que le mouvement anarchiste est bien présent dans la société et que son projet est émancipateur.
Anarchisme, vent debout : idées reçues sur le mouvement libertaire par  Philippe Pelletier. Le Cavalier bleu, 2013. 256 pages. 22 euros.

ZO D’AXA. Journaliste anarchiste, Zo d’Axa (1864-1930), fut condamné à plusieurs reprises pour des délits de presse. Pamphlétaire de talent, il a animé entre 1897 et 1899 le journal La Feuille. Il se disait « en dehors de toutes les règles, de toutes les théories, même anarchistes ». Il s’était attaqué aux élections et aux électeurs en présentant un âne comme candidat. Cette biographie aurait dû paraître il y a déjà dix ans. Mais Béatrice Arnac, la petite-fille de Zo d’Axa, qui avait au départ sollicité Philippe Oriol et Jean-Jacques Lefrère, n’avait pas trouvé leur travail assez élogieux. Aussi, il leur avait été alors formellement interdit de le publier !
La feuille qui ne tremblait pas : Zo d’Axa et l’anarchie par Jean-Jacques Lefrère et Philippe Oriol. Flammarion, 2013. 320 pages. 23 euros.

THÉÂTRE

GATTI. AG. N° 3, 2012. 284 pages. 25 euros. Des universitaires travaillant sur l'œuvre du dramaturge anarchiste Armand Gatti réalisent la revue annuelle AG, Cahiers Armand Gatti. Ce numéro a pour titre La traversée des langages. C'est le nom d'un cycle d'une quinzaine de pièces, paru aux éditions Verdier, écrit par Armand Gatti depuis 1995, et qui a comme fil conducteur la résistance menée par Jean Cavaillès (1903-1944), à la croisée des langages de la science, de la philosophie et de la poésie. Ce dossier est suivi d’articles d’actualité. La revue propose de nombreuses illustrations.
Adresse : La Parole errante, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil (tél. : 01 48 70 00 76 ; courriel :       doc@laparole-errante.fr). L’abonnement à la revue annuelle est de 35 euros pour deux numéros et de 50 euros pour trois numéros (chèque à l’ordre de La Parole errante). Sur Internet : http://www.armand-gatti.org
La traversée des langages par Armand Gatti. Verdier, 2012. 1344 pages. 42 euros.

 

 

Les chroniques de Felip tirées de La Feuille d’infos du CIRA :mai 2011 à janvier 2012

ARTS

ARCHITECTURE. Jean-Paul Loubes est architecte et anthropologue. Son livre ouvre des pistes pour découvrir une autre architecture, loin de son aspect uniquement fonctionnaliste. Il s’est intéressé à deux formes sauvages : l’habitat informel (le bidonville) et la figure de la cabane. Il évoque aussi le land Art, la cabane de Dalí et la géopoétique qui peut prendre en compte les dimensions écologique et psychologique de l’architecture.
Traité d’architecture sauvage par Jean-Paul Loubes ; préface de Kenneth White. Éditions du Sextant, 2010. 171 pages. 19 euros.

BANDE DESSINÉE. Les éditions Libre d'images présentent une bande dessinée qui se situe en 1936, lors de la guerre civile espagnole. Ermo est le héros de la série. C’est un orphelin âgé d'une douzaine d'années, qui vit dans le sud de l'Espagne. Il rencontre des saltimbanques et se retrouve plongé dans la guerre et la Révolution à Barcelone et en Aragon aux côtés des anarchistes.
Le magicien par Bruno Loth. Libre d’images, 2008. 45 pages. (Ermo ; 1). Barricades par Bruno Loth. Libre d’images, 2007. 45 pages. (Ermo ; 2). Une nuit en Aragon par Bruno Loth. Libre d’images, 2008. 45 pages. (Ermo ; 3). Mujeres libres par Bruno Loth. Libre d’images, 2009. 56 pages. (Ermo ; 4). Cargo pour Barcelone par Bruno Loth. Libre d’images, 2011. 56 pages. (Ermo ; 5). Chaque volume coûte 16 euros port compris (chèque à l’ordre de Bruno Loth).
Adresse : Bruno Loth, 137 bis chemin du Bord de l'eau, 33460 Macau.  Sur Internet : http://www.libredimages.fr

CARTOLISTE. Ce site veut recenser les cartes postales anarchistes ou sur les anarchistes. À ce jour, on peut en consulter plus de 1300. Chacune d’entre elles et cataloguée, datée et décrite.
Adresse : http://cartoliste.ficedl.info/

CARL EINSTEIN. Né en 1885 en Allemagne, Carl Einstein fut romancier, essayiste, scénariste, historien et critique d’art.  Il a été spartakiste pendant la Révolution allemande de 1918. En 1936, il a combattu en Espagne dans les rangs de la Colonne Durruti. À la mort de cet homme qu’il admirait, il prononça un discours à la radio de Barcelone. Afin d’éviter de tomber aux mains des nazis, il se suicida en 1940. Dans L’art du XXe siècle (1926) Carl Einstein propose une analyse de l’art du début du siècle, intégrant les recherches les plus avancées en ethnologie, psychanalyse et sociologie. Pour lui, l’art devait créer l’espace, inventer un monde nouveau et changer l’homme.
L’art du XXe siècle par Carl Einstein ; traduit de l’allemand par Liliane Meffre et Maryse Staiber. Jacqueline Chambon, 2011. 400 pages. 26 euros.

UCHRONIE. La série de bandes dessinées Jour J est une uchronie. Les auteurs reconstruisent l’histoire en imaginant comment les faits auraient pu se produire. Le premier volume avait pour cadre la lune où s’observaient les Russes et les Américains depuis leurs bases respectives. Le volume 2 présentait un Paris occupé par les Russes et les Américains après 1945. Les volumes 3 et 4 font ressusciter Jules Bonnot en 1917. Il est chargé d’une mission : éliminer le tsar qui veut pactiser avec les Allemands. Ce sera un succès et il poussera le zèle jusqu’à faire sauter la tribune où se trouvaient réunis Lénine, Trotsky et Staline, ouvrant ainsi la voie à une révolution anarchiste mondiale !
Septembre rouge par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau, dessins de Florent Calvez. Delcourt, 2010. 48 pages. (Jour J ; 3) (Série B). 13,50 euros.  Octobre noir par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau, dessins de Florent Calvez. Delcourt, 2010. 48 pages. (Jour J ; 4) (Série B). 13,50 euros.

CINÉMA

CINÉMA. Jacques Rancière est l’une des grandes figures actuelles de la philosophie française. Défenseur de l’émancipation et de l’égalité, il est aussi un cinéphile qui explore les liens entre esthétique et politique.
Les écarts du cinéma par Jacques Rancière. La Fabrique, 2011. 158 pages. 13 euros.

MUMIA. Inspiré d'un rapport d'Amnesty International, ce film documentaire retrace l'enquête de Will Francome. Ce dernier est parti sur les traces de Mumia Abu-Jamal, le plus célèbre condamné à mort américain. En dialoguant avec Angela Davies, Snoop Dogg, Mos Def ou Noam Chomsky, il retrace tout un pan de l’histoire américaine et son film se veut un plaidoyer contre la peine de mort.
Toute ma vie (en prison) réalisé par Marc Evans. Lug Cinema, 2008. 97 minutes. Le film est sorti en salles le 23 novembre 2011. On peut acheter le DVD en souscription (parution en mars 2012) au prix de 15 euros (renseignements sur Internet : http://www.mumiabujamal.com/.)

HISTOIRE

CHARLIE BAUER. Né à Marseille le 24 février 1943, Charlie Bauer est décédé à Montargis le 7 août 2011 terrassé par une crise cardiaque. Ce militant révolutionnaire avait participé dans les années 1960 à des expropriations de marchandises pour les redistribuer dans les quartiers pauvres de Marseille et à des actions de soutien au FLN algérien. Il a ensuite passé 25 ans en prison dont 9 ans dans les Quartiers de haute sécurité (QHS). De grèves de la faim en tentatives d’évasion, il n'a jamais cessé de résister et de défendre les droits des prisonniers. Libre, il s'est battu pour exiger la libération des militants d’Action directe et de Georges Ibrahim Abdallah. Il a raconté son itinéraire dans Fractures d'une vie (édition revue et augmentée, Agone, 2004, 458 pages, 20 euros) et dans  Le redresseur de clous : une violence révolutionnaire (Le Cherche midi, 2010, 334 pages, 20 euros).

P.-V. BERTHIER. Né à Issoudun (Indre) le 18 septembre 1911, Pierre-Valentin Berthier a été insoumis. La découverte  d’E. Armand l’oriente vers l’anarchisme individualiste. Il a été journaliste dans des publications de l’Indre jusqu’en 1951 puis correcteur, notamment au Monde. Il a écrit dans de très nombreuses publications libertaires (Défense de l’homme, Liberté, Le Libertaire, Le Monde libertaire, L’Unique…). Il a publié une dizaine de romans (L’enfant des ombres, Sitting-Bull…), des nouvelles, des recueils de poésie (La passion de l’Olympe), des essais (sur Gaston Couté, la famille, la laïcité), un Glossaire berrichon et, en collaboration avec Jean-Pierre Colignon, de nombreux ouvrages sur la langue française. Pierre-Valentin Berthier vient de fêter ses 100 ans, il est le doyen des membres du CIRA. Bon anniversaire, donc !
Rencontre avec Pierre-Valentin Berthier : court récit d’une vie et des rencontres d’un anarchiste individualiste : entretiens réalisés par Céline Beaudet. La Question sociale, 2004. 71 pages. (Les Éditions de L’En dehors). 5,70 euros port compris. Adresse : La Question sociale, BP 5, 08150 Rimogne (chèque à l’ordre de La Question sociale).

PIERRE CONTY. Le 24 août 1977, Pierre Conty et Stéphane Viaux-Pecatte, membres d'une communauté anarchiste ardéchoise, attaquent une banque à Villefort en Lozère. Depuis quelques mois, les tensions étaient vives avec les voisins paysans et la communauté était menacée d'expulsion. Après le braquage, deux fusillades causent la mort d'un gendarme et de deux passants. Pour la presse à sensation, Pierre Conty devient « le tueur fou de l'Ardèche ». Stéphane Viaux-Pecatte est arrêté deux mois plus tard puis condamné à 18 ans de prison. À ce jour, Pierre Conty n'a jamais été retrouvé... Ce livre était précédemment paru chez Robert Laffont en 1984, il est complété par une postface qui revient sur les échecs de cette époque tout en relatant l’écriture du livre et ses péripéties.
Les Esperados : une histoire des années 1970 ; suivi de Le troupeau par les cornes par Yannick Blanc. L'Échappée, 2011. 304 pages. (Négatif). 14 euros.

COMMUNE DE PARIS. Le groupe Des communeux célèbre le cent quarantième anniversaire de la Commune de Paris (1870-1871) en pensant qu’il s’agit toujours d’un sujet d’actualité et qu’elle pourrait servir d’exemple aux mouvements de révolte qui secouent le monde aujourd’hui. L’histoire de la Commune est complétée par plusieurs documents : des notes sur l’AIT et divers militants, un témoignage d’Élisée Reclus, un article tiré du Révolté et un manifeste.
La Commune de Paris : 1870-1871. Des communeux, 2011. 138 pages. 3 euros. Courriel : descommunards@yahoo.fr

EMMA GOLDMAN. Emma Goldman (1869-1940) a rédigé ses mémoires alors qu'elle vivait à Saint-Tropez. Ils retracent sa vie jusqu'en 1927 et ont été publiés en 1931 et 1934 sous le titre Living my life. De l'amour et des bombes est une adaptation de ces 993 pages, parue précédemment chez Hachette en 1979 puis Complexe en 1986 sous le titre Épopée d'une anarchiste. Née en Russie, elle émigre très jeune aux États-Unis où elle travaille comme couturière. Elle fréquente les groupes anarchistes juifs de New York. Elle fait des tournées de conférences, publie des revues. Elle est plusieurs fois condamnée à la prison à cause de ses opinions anarchistes et féministes. Elle est finalement expulsée des États-Unis vers la Russie à la fin de l'année 1919. Elle y constate que la répression bat son plein contre les anarchistes et quitte ce pays en 1922. De 1936 à 1938, elle effectue plusieurs séjours en Espagne et organise le soutien à la révolution libertaire. En 1939, elle quitte la France et meurt l'année suivante à Toronto (Canada).
De l'amour et des bombes : épopée d'une anarchiste par Emma Goldman ; traduit et adapté par Cathy Bernheim et Annette Lévy-Willard. André Versaille, 2011. 320 pages. (Des femmes dans l'Histoire). 19,90 euros.

ROSA LAVIÑA. Née dans la province de Gérone le 19 janvier 1918, elle participe à la Révolution espagnole dans les rangs de la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL) et de la section locale de Solidarité internationale antifasciste (SIA). En France, elle est internée au camp d’Argelès où elle sera aide soignante. Au début des années 1950, elle s’installe à Toulouse. Avec son compagnon, l’anarchiste français Etienne Guillemeau, elle y tient un restaurant végétarien. Elle continue de militer à la FIJL, à la CNT et à SIA et collabore aux titres de la presse anarchiste en exil. Elle est décédée le 29 mai 2011.

LECOIN. A l'occasion de ses 50 ans, l'Union pacifiste de France (UPF) publie une brochure en hommage à Louis Lecoin (1888-1971). Pacifiste et anarchiste, il a mené la lutte pour l'obtention du statut d'objecteur de conscience. Il passa douze années de sa vie en prison et fit une longue grève de la faim pour défendre ses idées. Il est à l'origine de la fondation de l'UPF.
Louis Lecoin homme de paix. Union pacifiste, 2011. 54 pages. 5 euros. Adresse : UPF, BP 40196 Paris cedex 13 (tél. :   01 45 86 08 75 ; courriel : union-pacifiste@orange.fr). Sur Internet : http://www.unionpacifiste.org/

LUDDITES. En Angleterre, au début du XIXe siècle, les luddites (du nom de John ou Ned Ludd qui aurait brisé des machines textiles en 1780) détruisirent les machines industrielles, accusées d’accroître le chômage, de diminuer la qualité des produits et de transformer les hommes en prolétaires. Leurs homologues français sont moins connus. Ils ont cependant joué un rôle depuis les révolutions de 1789, 1830 et 1848 jusqu’aux luttes actuelles contre la tyrannie technologique (OGM, nanotechnologies, brevets sur le vivant, informatisation à outrance…).
Les luddites en France : résistance à l’industrialisation et à l’informatisation coordonné par Cédric Biagini et Guillaume Carnino. L’Échappée, 2010. 334 pages. (Frankenstein). 22 euros.

MANO NEGRA. En 1878, les paysans de l'Andalousie occidentale se révoltent. Ils sont organisés dans la FRE (Fédération régionale espagnole) affiliée à l'AIT (Association internationale des travailleurs). Ce sont les débuts du mouvement libertaire en espagne. En 1883, une série de délits (incendies de fermes et d'oliveraies, massacres de bétail, occupations et pillages) est attribuée à une organisation secrète appelée Mano negra, dans les provinces de Séville et de Cadix. Sept ouvriers agricoles accusés d’appartenir à la Mano negra sont garrottés en juin 1884. Ces exécutions suscitent la réprobation dans toute l'Europe.
La Mano negra : sociétés secrètes et anarchisme rural en Andalousie par Clara Lida. L'Échappée, 2011. 128 pages. (Dans le feu de l’action). 12 euros.

MUJER LIBRE. Poétesse, anarchiste et homosexuelle, Lucia Sanchez Saornil (1895-1970) est l’une des fondatrices en mai 1936 de la revue Mujeres libres puis de l’organisation du même nom quelques mois plus tard. Elle voulait faire accepter l’égalité des sexes au sein du mouvement anarchiste et anarcho-syndicaliste espagnol. Elle se battait pour que les femmes aient un libre accès à l’éducation et à la culture et une indépendance économique par le travail.  Elle prônait l’amour libre et la liberté sexuelle et souhaitait que la femme soit reconnue comme individu et non pas seulement comme mère.
Lucia Sanchez Saornil : poétesse, anarchiste et féministe par Guillaume Goutte. Éditions du Monde libertaire, 2011. 64 pages. (Graine d’ananar). 3 euros.

LARRY PORTIS. Larry Portis est décédé d’un infarctus foudroyant le 4 juin 2011. Né aux États-unis en 1943, cet historien avait enseigné dans diverses universités françaises dont celle de Montpellier (1998-2009). Il est l’auteur de nombreux articles. Il a publié plusieurs livres en français sur le syndicat révolutionnaire IWW (Spartacus), la Palestine (Éditions du Monde libertaire), la politique étrangère des États-Unis (Ellipses), l’histoire sociale de la chanson (CNT-RP) et le fascisme aux Etats-Unis et ailleurs (CNT-RP et Alternative libertaire).

RÉVOLUTION. Pierre Kropotkine (1842-1921) a écrit La Grande Révolution en 1909. Il y livre sa lecture de la Révolution française de 1789. Il insiste sur le rôle réellement révolutionnaire du peuple, et montre la grande peur des bourgeois et des intellectuels face aux soulèvements populaires et à leurs idées communistes.
La grande Révolution : (1789-1793) : une lecture originale de la Révolution française par Pierre Kropotkine ; préface de Pierre Sommermeyer. Éditions du Sextant, 2011. 544 pages. 26 euros.

 

 

LITTÉRATURES

À CONTRETEMPS. À contretemps est une revue de critique bibliographique et d’histoire du mouvement libertaire qui a publié 41 numéros depuis 2001. Les Éditions Libertaires lui consacrent une collection qui reprend, sous forme thématique, certains articles parus dans la revue. Après D’une Espagne rouge et noire, ce deuxième volume est consacré à trois écrivains anarchistes : Stig Dagerman (1923-1954), Georges Navel (1904-1993) et Armand Robin (1912-1961).
L'écriture et la vie : Stig Dagerman, Georges Navel et Armand Robin. Les Éditions Libertaires, 2011. 336 pages. À contretemps). 15 euros.

CABANEL. La collection Abiratures des éditions Ab irato est consacrée à l’écriture poétique sous toutes ses formes. Après Hommage à l’Amiral Leblanc, c'est un nouvel ouvrage de Guy Cabanel qui est proposé. Cet auteur a participé aux activités du mouvement surréaliste dès 1958. Les poésies de L'ivresse des tombes répondent à huit photographies de Barthélémy Schwartz.
L'ivresse des tombes par Guy Cabanel ; photographies de Barthélémy Schwartz. Ab irato, 2011. 51 pages. (Abiratures).10 euros.

CHANT D'ORTIES. Les éditions Chant d'orties proposent plusieurs livres pour la jeunesse. Aldo rêvait est un album pour les enfants à partir de quatre ans. C'est une critique de la société de consommation. Aldo veut en effet posséder un tas d'objets mais il est bientôt submergé et rêve alors d'une chambre vide. Les démons du muséum est un roman qui peut être lu à partir de onze ans. Les nuits du Muséum d'histoire naturelle sont agitées. On y croise un groupuscule créationniste, un taxidermiste noctambule et les fantômes de Buffon et Darwin. Deux jeunes gens vont essayer de découvrir ceux qui veulent s'en prendre au squelette de notre ancêtre Lucy. De son côté Hervé Mestron s’attaque à un tabou : la Marseillaise. En donnant la parole à Yasmina comme narratrice, l’auteur remet en cause les paroles de ce chant qui se veut le symbole fédérateur des citoyens de la République.
Aldo rêvait par Léna Ellka, illustrations de Marion Claeys. Chant d'orties, 2011. 24 pages. (Les coquelicots sauvages). 10 euros. Les démons du Muséum par Michel Perrin. Chant d'orties, 2011. 168 pages. (Graines d’orties). 13 euros. La Marseillaise par Hervé Mestron. Chant d'orties, 2011. 56 pages. (Graines d'orties).    8 euros.

FUTUR PROCHE. Cédric Rampeau a écrit en 2009 un roman qui a pour cadre la France de 2012. La crise économique et sociale s’est aggravée : licenciements massifs, délocalisations, plans d’austérité… Mais un groupe d’individus pensent que l’on peut vivre autrement et commencent à organiser une nouvelle société. Ils fondent un univers autogéré où l’argent a été remplacé par l’échange et la gratuité.
La cendre et les étoiles : chronique d’une révolution sociale par Cédric Rampeau. Le Flibustier, 2011. 276 pages. (Les inédits). 16 euros.

LIVRES POUR LA JEUNESSE. Jeannine Baude est l’auteure d’une biographie pour les adolescents consacrée à Emma Goldman (1869-1940). Elle retrace la vie de cette militante anarchiste des États-Unis de la fin du XIXe siècle à la Russie post-révolutionnaire des années 1920, puis à la guerre d'Espagne. Son existence a été consacrée à la lutte contre l'injustice, aux côtés des opprimés. Thierry Maricourt vient de publier deux romans. Le premier peut être lu à partir de 12 ans, il raconte la vie d’un jeune Suédois plongé en 1942 dans la tourmente au Danemark et en Norvège, pays occupés par les nazis. Le second, pour les enfants à partir de dix ans, met en scène un professeur qui fait découvrir à ses élèves la vie et l’œuvre du poète surréaliste Robert Desnos. Enfin, Serge Quadruppani a écrit un polar racontant l’histoire d’enfants seuls dans une maison qui découvrent qu’une personne étrangère vient de s’y introduire. Il peut être lu à partir de dix ans.
Emma Goldman : non à la soumission par Jeannine Baude. Actes Sud junior, 2011. 96 pages. (Ceux qui ont dit non). 7,80 euros. Les Vikings contre Hitler par Thierry Maricourt. Oskar, 2011. 280 pages. (Histoire et société) (Cadet). 14,95 euros. Robert Desnos : « Vous mettrez une bouée sur ma tombe. Parce qu’on ne sait jamais » par Thierry Maricourt. Oskar, 2011. 64 pages. (Culture et société). 7,95 euros. Il y a quelqu’un dans la maison par Serge Quadruppani. Nouvelle édition. Syros jeunesse, 2011. 128 pages. (Souris noire). 5,95 euros.

CAHIERS OCTAVE MIRBEAU. N° 18, 2011. 332 pages. 23 euros. Depuis 1994, la Société Octave Mirbeau publie les Cahiers qui contribuent à mieux faire connaître la vie et l’œuvre de cet écrivain anarchiste (1848-1917). Au sommaire de ce numéro : des études et des documents, des témoignages, une bibliographie, des notes de lecture, réalisés par de nombreux auteurs (Pierre Michel, Claude Herzfeld…). Par ailleurs un volumineux dictionnaire (1500 entrées) entièrement consacré à cet écrivain vient de paraître.
Adresse : Société Octave Mirbeau, 10 rue André Gautier, 49000 Angers (tél. : 02 41 66 84 64 ; courriel : michel.mirbeau@free.fr). Sur Internet : http://www.mirbeau.org/societe.html
Dictionnaire Octave Mirbeau sous la direction de Yannick Lemarié et Pierre Michel. L’Âge d’homme, 2011. 1200 pages. 60 euros.

POULAILLE. Henry Poulaille (1896-1980) est un écrivain anarchiste français. Créateur du courant de la littérature prolétarienne, il est l’auteur de nombreux romans, d’essais sur le cinéma, les lettres, les traditions populaires. Il a fondé une dizaine de revues dans lesquelles il défendait la littérature d’expression populaire et des utopies sociales. Cette biographie était précédemment parue en 1992 chez Manya.
Henry Poulaille : 1896-1980 par Thierry Maricourt. Ressouvenances, 2011. 275 pages. 20 euros.

RESSOUVENANCES. Au catalogue de cet éditeur on peut trouver, entre autres, des fac-similés de qualité. Ils sont réalisés à partir de documents originaux et sont remis en page dans des maquettes réadaptées. Les tirages sont limités mais renouvelés en permanence. De cape noire en épée rouge est un recueil d’articles du romancier Michel Zévaco (1860-1918), l’auteur de la série des  Pardaillan. Ils sont tirés de L’Égalité et du Courrier français. Ils illustrent les principales indignations des milieux libertaires et de certains intellectuels engagés de la fin du XIXe siècle. Pendant l’Occupation, l’écrivain prolétarien Henry Poulaille (1896-1980) ne pouvait publier librement. Il réalisa une grande anthologie de noëls anciens dont il fit ressortir la poésie collective s’opposant aux cantiques édifiants. À travers ces noëls, il évoque l’histoire des fêtes authentiques. Deux autres volumes complèteront cette première réédition.
De cape noire en épée rouge par Michel Zévaco ; articles choisis, présentés et accompagnés d’illustrations par Laurent Bihl. Ressouvenances, 2011. 363 pages. 30 euros. Bible des noëls anciens : 2 : XIIe-XVIe siècles choisis et présentés par Henry Poulaille. Ressouvenances, 2010. 360 pages. 22 euros.

JEAN ROLLIN. Les éditions e-dite publient les écrits complets du cinéaste et écrivain anarchiste Jean Rollin (1938-2010). Ces textes appartiennent à deux genres différents. Le premier est nourri d'imaginaire, de fantastique, de bande dessinée et de cinéma ; le second conjugue surréalisme, poésie et érotisme. Dans son enfance, Jean Rollin a côtoyé Maurice Blanchot, les frères Prévert, Georges Bataille, André Breton et bien d'autres qui étaient les amis de sa mère, modèle des peintres Kiesling et Derain.
Écrits complets : 1 et 2 de Jean Rollin. E-dite, 2010. 613 et 512 pages. 24 euros chaque volume.

SEPÚLVEDA. Né au Chili en 1949, Luis Sepúlveda a été un proche de Salvador Allende jusqu’à sa mort en 1973. Il a connu la torture, la prison et l’exil. Ses talents de conteur ont fait de lui un écrivain renommé. Le vieux qui lisait des romans d’amour a rencontré un succès international. On croise parfois dans ses romans et nouvelles des personnages anarchistes, toujours présentés avec sympathie. Son grand-père était lui-même un anarchiste andalou. L’ombre de ce que nous avons été met en scène trois vieux militants qui vont entreprendre une action révolutionnaire, s’inspirant de Durruti, Jover et Ascaso qui, quelques décennies plus tôt, étaient passés par le Chili.
L’ombre de ce que nous avons été par Luis Sepúlveda. Points, 2011. 145 pages. (Points ; 2590). 5,50 euros.

MUSIQUES

CHANSON 1. Aux XIXe et XXe siècles, la chanson joue un rôle important dans les mouvements sociaux et révolutionnaires. Les anarchistes voient dans la chanson un moyen de propagande particulièrement efficace pour la diffusion de leurs idées auprès des masses. Elle s’adresse aussi bien à un large public qu’aux militants. Pour ceux-ci elle contribue à forger et à entretenir leur sentiment d’appartenance au groupe et à son système de valeurs.
Libres ! Toujours... : anthologie de la chanson et de la poésie anarchistes du XIX e siècle par Gaetano Manfredonia. Atelier de création libertaire, 2011. 181 pages. 18 euros.

CHANSON 2. Ce recueil de chansons est idéal pour les manifs, les rassemblements, les fêtes et les banquets. Il fait la part belle aux chansons politiques (anarchistes notamment) et aux chansons d’amour. On y trouve aussi des airs marins, des chants contre la prison et le travail et un tas d’autres chansons sociales.
Karaoke chorale : carnet de chants politiques et d’amour rassemblés par Jean-Louis Chautard et Gérard Grandjean. (Sans nom d’éditeur), 2011. 315 pages. 8 euros. Courriel : nico.adresse@gmail.com

 

THÉORIES ET PRATIQUES

CHOMSKY. Noam Chomsky est né en 1928 à Philadelphie (États-Unis). Linguiste et philosophe réputé, il est connu aussi pour son parcours d'intellectuel engagé de sensibilité anarchiste. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias. Plusieurs recueils de ses textes sont parus ces derniers mois. Dans Réflexions sur l'université, il s'interroge sur les conditions de réalisation de l'idéal émancipateur de l'éducation, à un moment où l'université est de plus en plus soumise aux intérêts industriels. Futurs proches est un livre qui présente les problèmes d'aujourd'hui : fossé grandissant entre le Nord et le Sud, échecs des interventions en Irak et en Afghanistan, offensive israélo-étatsunienne à Gaza, récentes crises financières. Mais Chomsky se réjouit des avancées de la démocratie en Amérique latine et des mouvements de solidarité internationale. Une première version d'Autopsie des terrorismes était parue en 2001. Dix ans après les attentats du 11-Septembre, une décennie de « guerre contre le terrorisme » aboutit à l'exécution de Ben Laden. Chomsky analyse le contexte historique international de ces attentats et en particulier le rôle des États-Unis. Il s'interroge sur l'incompatibilité entre l'idée de justice internationale et le principe d'immunité que s'accordent les grandes puissances occidentales. Enfin, les théories de Chomsky sur le langage, les langues et la grammaire peuvent être découvertes dans Sur la nature et le langage ou bien dans Réflexions sur le langage.
Réflexions sur l'université par Noam Chomsky. Raisons d'agir, 2010. 170 pages. 10 euros. Futurs proches : liberté, indépendance et impérialisme au XXIe siècle par Noam Chomsky. Montréal : Lux, 2011. 288 pages. (Futur proche).   22 euros. Autopsie des terrorismes : les attentats du 11-Septembre et l'ordre mondial par Noam Chomsky. Agone, 2011. 206 pages. (Éléments). 9 euros. Sur la nature et le langage par Noam Chomsky. Agone, 2011. 210 pages. (Banc d'essais). 22 euros. Réflexions sur le langage par Noam Chomsky. Flammarion, 2011. 288 pages. (Champs. Essais). 8 euros.

PIERRE CLASTRES. Ce recueil rend hommage à Pierre Clastres (1934-1977) avec de nombreux inédits, des photos et des extraits de sa correspondance. Cet ethnologue avait étudié les sociétés amérindiennes et avait publié en 1972 Chronique des Indiens Guayaki. Il avait appris que ces sociétés ne vivaient pas « sans État » mais plutôt « contre l’État ». La pensée politique de Pierre Clastres est inséparable d’une réflexion sur la parole. Ceux qui la maîtrisent la partagent et la font circuler sans jamais la posséder.
Pierre Clastres sous la direction de Miguel Abensour et Anne Kupiec. Sens et Tonka, 2011. 357 pages. 32,50 euros.

INDIVIDUALISME. Ce dictionnaire comporte 320 entrées, d’Abstention à Zo d’Axa. Parmi celles-ci, se trouvent 75 notices biographiques (Max Stirner, Octave Mirbeau, E. Armand, André Lorulot, Georges Palante, Han Ryner, Alexandre Marius Jacob et bien d’autres) et 50 textes fondateurs du courant individualiste libertaire. De nombreuses revues sont également citées (L'Anarchie, L'Endehors, Le Libertaire, L'Unique…)
Dictionnaire de l’individualisme libertaire par Michel Perraudeau. Les Éditions Libertaires, 2011. 288 pages. 15 euros.

LIBERTALIA. Les éditions Libertalia se placent sous le drapeau noir des pirates en portant le nom d’une république égalitaire fondée au nord de Madagascar qui aurait été fondée à la fin du XVIIe siècle par Misson, un gentilhomme provençal passé à la piraterie. Depuis 2007, elles ont publié 26 titres dans des genres variés : littérature, histoire, critique sociale, photographie. Jean-Luc Sahagian est l’auteur d’une biographie de Victor Serge (1890-1947). Cet acteur et témoin de l’histoire a été tiraillé entre l’anarchisme, le bolchevisme et le trotskysme et a croisé quelques figures marquantes : les « bandits tragiques » de la bande à Bonnot, E. Armand, Rirette Maîtrejean, Alexandre Berkman et Emma Goldman... Iana Mar est le pseudonyme d’un collectif de jeunes sociologues. Ils évoquent dans leur ouvrage les grèves des travailleurs sans papiers de ces dernières années. Quant à Mathieu Rigouste, il montre comment la peur est un outil politique fondamental pour les classes dominantes. En France, la bande à Alain Bauer (un ancien consultant en sécurité devenu expert en criminologie) constitue la manifestation la plus exemplaire de cette collaboration intensive entre éléments de la classe politique, de la police, de l’armée, de l’industrie, de l’université et des grands médias.
Victor Serge, l’homme double : histoire d’un XXe siècle échoué par Jean-Luc Sahagian. Libertalia, 2011. 300 pages. 13 euros. Travailleurs, vos papiers ! par Iana Mar. Libertalia, 2011. 160 pages. (À boulets rouges). 7 euros. Les marchands de peur : la bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire par Mathieu Rigouste. Libertalia, 2011. 151 pages.  (À boulets rouges). 8 euros.
Adresse : Éditions Libertalia, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris  (tél. : 0603804778 ; courriel : libertalia@editionslibertalia.com Sur Internet : http://editionslibertalia.com/ Le site propose un service de librairie en ligne.

MILITANTS. Mimmo Pucciarelli continue de nous présenter des portraits de militants anarchistes dans sa collection « L’anarchisme en personne ». Dans ce livre, il a interviewé en 2006 Laurent Fouillard et Jean-Louis Phan-Van. Ces deux textes ont été complétés en 2011. Laurent raconte son engagement à la Fédération anarchiste et en particulier son expérience de libraire à Publico à Paris ; Jean-Louis est un militant de la Confédération nationale du travail. Il est l’un des animateurs des éditions CNT-RP.
Engagement libertaire et organisations anarchistes : entretiens avec Laurent Fouillard et Jean-Louis Phan-Van par Mimmo Pucciarelli. Atelier de création libertaire, 2011. 118 pages. (L’anarchisme en personne). 10 euros.

ORDINATEURS. Jean Coulardeau anime le blog L'ordinateur, dernière tour de Babel. En 2006, il a publié un livre qui porte ce titre. Sans vouloir la suppression des ordinateurs, il s'interroge sur les fonctions de cet instrument qui se veut totalisateur et enferme les humains dans une cité artificielle. Son blog est en grande partie consacré à l'œuvre de Jacques Ellul (1912-1994) qu'il a bien connu et dont il va rééditer certains textes. Ce sociologue et théologien protestant qui s'intéressait à l'anarchisme, est surtout connu comme penseur de la technique et de l'aliénation au XXe siècle.
Adresse : http://tourdebabel.over-blog.org/

PSYCHANALYSE. Ce volume rassemble les principaux essais théoriques et les manifestes révolutionnaires d’Otto Gross (1877-1920). Ce disciple de Sigmund Freud était une figure de la bohème intellectuelle, artistique et révolutionnaire de Munich. Il a élaboré un programme de libération sexuelle et de révolution culturelle et a tenté d'inventer une forme de psychanalyse anarchiste. Toxicomane, considéré comme un ennemi de la société, il a été poursuivi par la police et les tribunaux avant de mourir d'une pneumonie.
Psychanalyse et révolution : essais par Otto Gross. Éditions du Sandre, 2011. 230 pages. 22 euros.

RUE DES CASCADES. Les livres déjà publiés par cet éditeur (douze titres depuis 2007) sont une ouverture sur le monde. On y croise la résistance des Indiens du Mexique, la mémoire de la Commune, les jeux de l’amour et du langage et les fantômes des compagnons de Jules Bonnot. En mai 2010, Métie Navajo a traversé la France, de Paris à Nice, en compagnie d’une centaine de marcheurs sans-papiers. La geste des irréguliers est issu de cette marche qui entendait informer le pays et réveiller la solidarité avec le mouvement pour la régularisation de tous les sans-papiers. Christian Ferrer, né en 1960, est argentin, sociologue et essayiste libertaire. Têtes d’orage est un recueil de cinq de ses essais. Les Écrits d’Adrien Dax sont la réunion des textes que cet auteur a donnés aux revues qui jalonnent la vie du groupe surréaliste français et à celles qui ont parfois accueilli les écrits surréalistes en particulier La Rue et Le Libertaire. L’État n’est plus rien, soyons tout  est la contribution que Raoul Vaneigem a écrite pour le premier Festival antiautoritaire pour la démocratie directe, qui s’est tenu en septembre 2010 à Thessalonique (Grèce).
La geste des irréguliers : sans-papiers sur les routes de France par Métie Navajo. Rue des Cascades, 2011. 256 pages. 12 euros. Têtes d’orage : essais sur l’ingouvernable par Christian Ferrer. Rue des Cascades, 2011. 200 pages. 12 euros. Écrits par Adrien Dax. Rue des Cascades, 2010. 192 pages. 14 euros. L’État n’est plus rien, soyons tout ; suivi de Un changement radical est à notre porte par Raoul Vaneigem. Rue des Cascades, 2010. 46 pages.  6 euros.

THÉRAPIE.  Pascal Matrat est psychologue clinicien. Depuis 1996, il travaille pour une association spécialisée dans l'accueil et la prise en charge des personnes dépendantes. À la suite de sa formation à l'analyse reichienne, il introduit le travail corporel dans son dispositif thérapeutique. Le travail reichien ne se résume pas uniquement à une technique mais inclut également la dimension sociopolitique. Le soignant prend en compte le cadre institutionnel, social et juridique pour s'extraire des représentations, de la morale et des préjugés qui emprisonnent les usagers de drogues.
Le corps en thérapie : du plaisir douloureux de la dépendance au plaisir orgastique de la liberté par Pascal Matrat. Chronique sociale, 2011. 160 pages. (Comprendre les personnes). 14,90 euros.
Adresse : Chronique Sociale, 7 rue du Plat, 69288 Lyon cedex 02  (tél. : 04 78 37 22 12 ; courriel : secretariat@chroniquesociale.com).

 

 

 

 

Les chroniques de Felip tirées de La Feuille d’infos du CIRA :février 2011 à avril 2011

ARTS

JARDINS. Bruno Montpied présente des créateurs autodidactes qui ont rempli leurs jardins de sculptures naïves, de monuments bizarres, de fresques de mosaïques, de machines loufoques, d’accumulations d’objets et de maquettes en matériaux recyclés. Cette activité de loisir présente une autre vision de l’art qui remet en question les pratiques culturelles dominantes. Ce livre est illustré de 250 photos et d’un DVD de Rémy Ricordeau (Bricoleurs de paradis : le gazouillis des éléphants).
Éloge des jardins anarchiques par Bruno Montpied. L’Insomniaque, mars 2011. 224 pages + 1 DVD. 29 euros port compris. Adresse : L’Insomniaque, 43 rue de Stalingrad, 93100 Montreuil-sous-Bois (chèque à l’ordre de L’Insomniaque).

JOSSOT. L’œuvre de l’artiste anarchiste Gustave Henri Jossot (1866-1951) se compose de caricatures (les plus connues étant celles de L’Assiette au Beurre), d’aquarelles, de peintures, d’affiches et de quelques écrits. Le fœtus récalcitrant avait été publié à quelques exemplaires, à compte d’auteur, en 1939 à Tunis et n’avait jamais été réédité. Jossot y dénonce l’éducation traditionnelle des parents et des enseignants. Son métier de caricaturiste lui a permis d’échapper au « dressage » en développant son esprit critique. Dans un deuxième texte L’évangile de la paresse, il fait l’éloge de l’oisiveté.
Le fœtus récalcitrant ; suivi de L’évangile de la paresse par Henri Gustave Jossot. Finitude, 2011.          126 pages. 13,50 euros.

CINÉMA

SUR INTERNET. Christie Books vient de mettre en ligne la première collection de films anarchistes en accès libre. The Anarchist film archive propose plus de 1000 films et vidéos (fictions, documentaires, interviews, conférences…). Cette collection est complétée par une base de données mise à jour par Santiago-Juan Navarro.
Adresse : http://www.christiebooks.com/ChristieBooksWP/

JEAN ROLLIN. Né le 3 novembre 1938 le cinéaste et écrivain Jean Rollin est décédé le 15 décembre 2010. Il est l’un des rares réalisateurs français spécialisé dans le cinéma fantastique. Ses films, influencés par le surréalisme et teintés d’érotisme mettent souvent en scène des vampires. Il a toujours été proche de la Fédération anarchiste. Dans les années 1960 et 1970, il fréquentait le groupe Louise-Michel, était l’ami de Maurice Joyeux et écrivait dans la revue  La Rue.
« Jean Rollin : un réalisateur majeur et incontournable du cinéma libertaire français » par Isabelle Marinone. Le Monde libertaire, hors série n° 40, 23 décembre 2010-23 février 2011. Pages 33 à 39.            4 euros.

HISTOIRE

ESCLAVAGE. L’esclavage pratiqué dans le monde antique n’est pas réapparu au XVIIIe  siècle avec la traite des Noirs vers l’Amérique. Il a existé aussi en Europe au Moyen Âge, en Afrique et dans le monde musulman où il a duré des siècles. Utilisé pour la première fois en 937, le terme latin sclavus (slaves) remplacera ainsi le grec doulos et le latin servus. La traite des Slaves a concerné des centaines de milliers de captifs entre le VIII e et le XII e siècle. Elle a été le fait des trafiquants francs ou scandinaves vers le monde musulman.  Elle s’est poursuivie lors des conquêtes mongole et tatare.
La traite des Slaves : l’esclavage des Blancs du VIIIe au XVIIIe siècle par Alexandre Skirda. Les Éditions de Paris, 2010. 232 pages. 17 euros.

FASCISME. En explorant la variété des formes qu'ont pu prendre les fascismes (italien, allemand, français...) dans le passé et en faisant l'état des lieux de l'analyse historique, Larry Portis relève une constante : son lien nécessaire et systématique avec le capitalisme. Le fascisme est la réponse d'une oligarchie quand elle ne trouve plus d’autre moyen pour rester au pouvoir.
Qu'est-ce que le fascisme ? : un phénomène social d’hier et d’aujourd’hui par Larry Portis. Alternative libertaire, 2011. 208 pages. 9 euros.

FÉMINISME. Gabrielle Petit (1860-1952) était avant tout une conférencière infatigable. Indépendante de tout parti, elle collaborait avec les syndicalistes, les libertaires et les militants de la Libre pensée. Elle a dirigé le journal La femme affranchie où elle dénonçait la prostitution. Dans ses conférences, elle parlait de l’émancipation des femmes, des méfaits du militarisme, des grèves…
Une femme affranchie : Gabrielle Petit l’indomptable par Madeleine Laude. Éditions du Monde libertaire, 2010. 292 pages. (Féminisme et anarchisme). 15 euros.

ROGER PAON. Né en  Seine-Maritime le 4 mai 1919, il a passé son enfance sur la péniche conduite par son père. En 1935, il commence à militer aux Jeunesses socialistes de Rouen puis rejoint les pacifistes de la Ligue internationale des combattants de la paix et les anarchistes de l’Union anarchiste. Pendant l’Occupation, il vient en aide aux réfractaires. Après la Libération, il collabore à de nombreux journaux libertaires puis il s’installe à Nice où il milite au groupe local de la Fédération anarchiste. Il participe activement au combat mené par Louis Lecoin pour la reconnaissance du statut d’objecteur de conscience. Par ailleurs, il est l’auteur d’un livre sur l’histoire de la batellerie. Ancien membre du CIRA auquel il avait donné une partie de sa bibliothèque, Roger Paon est décédé le 7 janvier 2011.

TRICHEUX. Violette et Juanito Marcos nous font découvrir la vie d’un militant anarchiste peu connu, Alphonse Tricheux (1880-1957). Ils ont appris son existence par une lettre conservée au CIRA de Lausanne. Ils ont trouvé les traces de ce personnage dans les centres d’archives, les services d’état civil et les compagnies de transports transatlantiques. À partir de son itinéraire, ils ont rencontré le mécontentement des paysans des Corbières, la grève générale des planteurs de tabac à La Havane et les manifestations de soutien à Sacco et Vanzetti à Toulouse.
Itinéraire d’un anarchiste : Alphonse Tricheux (1880-1957) par Violette et Juanito Marcos. Loubatières, 2011. 196 pages. (Libre parcours). 19 euros.

LITTÉRATURES

HUMOUR. Daniel Villanova est né dans l’Hérault en 1953. Après six années passées à Paris, il décide en 1984 de mener une carrière d’auteur et d’acteur en solo. Ses spectacles plein d’humour mettent souvent en scène des personnages du Languedoc dans leur vie quotidienne. Hommage à Lucette a été créé en 2007. Depuis son village, elle porte un regard impertinent sur le monde tel qu’il va.
Hommage à Lucette  par Daniel Villanova ; dessins de José Nuyts. Un jour-une nuit, 2010. 128 pages.    12 euros.

POÉSIE. Mime, homme de théâtre, photographe, sculpteur, grand voyageur et romancier, Théo Lésoualc’h (1930-2008) était surtout un poète majeur dans l’esprit de la Beat Generation. Les éditions Mai hors saison ont réuni ses poèmes et ses textes dispersés.
Théo Lésoualc’h, clandestin de nulle part et simultanément. Mai hors saison, 2010. 192 pages. 18 euros port compris. Adresse : Guy Benoît, 8 place de l’ Église, 53470 Sacé (chèque à l’ordre de Guy Benoît).

SEMPRUN. Auteur et éditeur, fondateur des éditions de l’Encyclopédie des nuisances, Jaime Semprun est mort le 3 août 2010,
 âgé de soixante-trois ans. Ses amis ont souhaité lui rendre hommage en publiant Andromaque, je pense à vous ! Il avait écrit ce texte à l'occasion du premier anniversaire de la mort de sa mère, l’actrice et dramaturge Loieh Bellon, et l’avait fait imprimer à cinquante exemplaires hors commerce en mai 2000. Le titre est emprunté à Baudelaire (Le Cygne). Andromaque, je pense à vous ! par Jaime Semprun. Éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 2011. 32 pages.          7 euros.

 

THÉORIES ET PRATIQUES

A : RIVISTA ANARCHICA. N° 358, décembre 2010-janvier 2011. 260 pages. 10 euros. La revue anarchiste italienne A fête ses 40 ans. Depuis 1971, elle a publié 9 numéros par an. Au sommaire de ce numéro spécial anniversaire : 72 articles et les reproductions des couvertures de tous les numéros parus à ce jour.
Adresse : Editrice A, CP 17120, 20170 Milan (tél. : 00 39 02 2896627 ; courriel : arivista@tin.it). Site Internet : http://www.arivista.org

 

À CONTRETEMPS. N° 39, janvier 2011. 32 pages. Ce numéro a pour titre Figures de l’anarchisme chez Tomás Ibáñez. Tomás Ibáñez a commencé à militer avec les Jeunes libertaires à Marseille dès le début des années 1960 puis à la FIJL (Federación ibérica de juventudes libertarias). Il a participé au mouvement de Mai 1968 puis il a enseigné la psychologie sociale à l’université autonome de Barcelone. Sont proposées les critiques de deux de ses ouvrages (Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes et Las Juventudes libertarias en lucha contra el franquismo) ainsi qu’un entretien où il retrace son itinéraire militant et intellectuel d’anarchiste hétérodoxe.
Adresse : Fernand Gomez, 55 rue des Prairies, 75020 Paris (courriel : a-contretemps@wanadoo.fr). «  À contretemps n’a pas de prix, juste des frais… Qu’on se le dise, à toutes fins utiles ! » Sur Internet : http://acontretemps.org

BELLEGARRIGUE. À Paris, en 1850, Anselme Bellegarrigue fait paraître ce qui peut être considéré comme le premier manifeste anarchiste de l’Histoire : L’Anarchie, journal de l’ordre. Dans le premier numéro de son journal, il dénonce la farce électorale et la fourberie des partis politiques et appelle à l’abstention généralisée. Il est aussi un défenseur acharné de la liberté.
Manifeste de l’anarchie ; suivi de Au fait, au fait !! : interprétation de l'idée de démocratie par Anselme Bellegarrigue. Montréal : Lux, 2011. 152 pages. (Instinct de liberté). 9 euros.

CLASSIQUES. La sociologue Irène Pereira propose une anthologie de textes issus des principaux courants et auteurs classiques de l’anarchisme. C’est une initiation aux problématiques et débats de cette pensée.
L’anarchisme dans les textes : anthologie libertaire réunie par Irène Pereira. Textuel, 2011. 144 pages. (Petite encyclopédie critique). 9,90 euros.

ÉROTISME. Roger Dadoun est professeur émérite de littérature comparée, philosophe, psychanalyste et collabore au Monde libertaire. Il dresse un vaste panorama des paysages et des créations érotiques, des Vénus callipyges aux hardeurs du porno, de Messaline à Jean de la Croix.
L’érotisme : de l’obscène au sublime par Roger Dadoun. PUF, 2010. 228 pages (Quadrige). 12 euros.

PASSAGER CLANDESTIN. Cette jeune maison d’édition indépendante se veut engagée, curieuse et parfois polémique. Depuis 2007, elle a publié 44 ouvrages. La collection Rééditions propose des classiques présentés par des auteurs contemporains. Plusieurs libertaires y sont présents : Étienne de La Boétie, Léon Tolstoï, Zo d’Axa, Voltairine De Cleyre, Élisée Reclus, Henry David Thoreau. La collection Désobéir propose des petits ouvrages écrits par le collectif Les Désobéissants. Ces manuels de la contestation établissent un constat de la situation actuelle, dressent un bref historique des luttes dans plusieurs domaines, avant d'aborder les moyens non violents pour combattre ou résister. Au programme : la précarité, le sexisme, l’argent, l’entreprise, le service public, le logement, le nucléaire… Le Passager clandestin propose aussi des essais sur l’écologie, des romans, des livres de photographies…
Désobéir à la précarité par Les Désobéissants. Le Passager clandestin, 2011. 64 pages. (Désobéir). 5 euros. Désobéir à l’argent par Les Désobéissants. Le Passager clandestin, 2011. 64 pages. (Désobéir). 5 euros. Désobéir au sexisme par Les Désobéissants. Le Passager clandestin, 2011. 64 pages. (Désobéir). 5 euros.

PÉDAGOGIE. Albert Thierry (1881-1915) est un instituteur qui a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages. Influencé par les idées anarchistes, il était proche des syndicalistes révolutionnaires et prônait le « refus de parvenir ». L’homme en proie aux enfants a été publié en 1909 dans les Cahiers de la Quinzaine, dirigés par Charles Péguy. Après avoir décrit le quotidien de sa classe, il propose une école «rénovée», rejetant la pédagogie traditionnelle, les programmes, l'émulation et la discipline.
L’homme en proie aux enfants par Albert Thierry. Fabert, 2011. 216 pages. (Profs en liberté). 19 euros.

HAN RYNER. C. Arnoult, animateur d’un site consacré au philosophe et écrivain anarchiste Han Ryner (1861-1938) présente deux ouvrages papier et un livre électronique de cet auteur. Comment te bats-tu ? est une anthologie d'articles du philosophe parus entre autres dans Le Journal du Peuple. Dans L’individualisme dans l’Antiquité, Han Ryner étudie les différents philosophes grecs (sophistes, cyrénaïques, Épicure, cyniques et stoïciens). Le soupçon est un roman qui décrit de façon réaliste et clinique un cas de jalousie obsessionnelle. Par ailleurs, C. Arnoult a écrit la postface de la réédition du Cinquième évangile. Sous forme d’une paraphrase, Han Ryner s’y est rapproprié de manière personnelle les évangiles.
Comment te bats-tu ? ; et autres textes de Han Ryner ; choix et présentation par Clémence Arnoult. Le Grognard, 2010. 92 pages. (Le Grognard ; 16). 10 euros. L’individualisme dans l’Antiquité ; suivi des Diverses sortes d’individualisme par Han Ryner ; préface de Clémence Arnoult. Éditions du Sandre, 2010. 150 pages. 16 euros. Le soupçon par Han Ryner. Téléchargeable sur le site http://hanryner.over-blog.fr/ Le cinquième évangile par Han Ryner. Théolib, 2009. 194 pages. (Sources laïques). 18 euros.

TAZ. Le penseur politique et poète Hakim Bey (Monsieur le juge, en turc) est né en 1945 à New York. Il a popularisé le concept de Zones d’autonomie temporaire (Temporary autonomous zones ou TAZ). Dans des lieux réels ou virtuels, des individus commencent à créer des projets politiques où les lois et les règles de la société dominante sont suspendues.
Zone interdite par Hakim Bey. L’Herne, 2011. 80 pages. (Carnets de L’Herne). 9,50 euros.

TOLSTOÏ. Cet ouvrage de Léon Tolstoï (1828-1910), censuré en Russie dès sa parution en 1893 et réédité ici pour la première fois depuis plus d’un siècle, influença de manière décisive Gandhi, alors jeune avocat en Afrique du Sud. Tolstoï y dénonce les États et les institutions de la violence ainsi que la trahison des Églises. Il demande à ses contemporains de choisir l’insoumission de manière non-violente plutôt que de se rendre complices de l’injustice.
Le royaume des cieux est en vous par Léon Tolstoï ; préface par Alain Refalo. Le Passager clandestin, 2010. 189 pages. (Rééditions). 12 euros.

TRAVAIL. Bob Black, né à Détroit en 1951, est un auteur radical américain. Ce pamphlet publié en 1985 est devenu un classique de la subversion. Il s’agit d’une ébauche de manifeste pour une révolution ludique : le cri d’un vivant qui refuse d’être un zombi docile. Cette nouvelle édition est augmentée d’un choix de citations incitant à combattre le salariat, ainsi qu’une postface du traducteur Julius Van Daal sur l’emprise du travail et son refus.
Travailler, moi ? Jamais ! : exécrer, déserter, abolir le salariat par Bob Black. L’Insomniaque, 2010. 64 pages. 7 euros.

VENEZUELA. Depuis 1999, le Venezuela est gouverné par Hugo Chávez, un politicien admiré par une partie de la gauche française. Rafael Uzcátegui est un militant anarchiste vénézuélien. Il collabore au journal El Libertario et est responsable du service enquête d’une organisation de défense des Droits de l’homme. Son livre dresse un bilan sévère du régime « bolivarien »  de Chávez sous plusieurs angles : la vie quotidienne et la situation des travailleurs, la politique pétrolière, les relations entre le pouvoir et les organisations populaires, notamment celles qu’il sollicite lui-même.
Venezuela : révolution ou spectacle ? par Rafael Uzcátegui. Les Amis de Spartacus, 2011. 271 pages. (Cahiers.     Série B ; 181). 14 euros.

 

LES CHRONIQUES DE FELIP TIRÉES DE LA FEUILLE D’INFOS DU CIRA Septembre2009 à Janvier 2010

ARTS

A CERCLÉ. L’album consacré au A cerclé, symbole des anarchistes depuis les années 1960, paru en Italie en 2008, a été traduit en français. Il raconte cette histoire avec des photos et des témoignages d’écrivains, musiciens, sémiologues et historiens.
A cerclé : histoire véridique d’un symbole. Alternatives, 2009. 128 p. 22 €.

BANDE DESSINÉE. Miguel Brieva publie régulièrement ses dessins subversifs en Espagne, notamment dans le quotidien El País. Son style graphique est fondé sur la parodie et le détournement. Il dénonce un monde uniforme et laid, gouverné par l’argent roi et se moque au passage de l’infraculture audiovisuelle. L’univers qu’il présente est une sorte de supermarché mondial où la course aux profits et la bêtise dominent.
L’argent par Miguel Brieva. L’Insomniaque, 2010. 128 pages. 16 euros.

LA BOUCHE DE FER. Soleil noir était le titre d’un fanzine anarchiste qui eut 20 numéros entre 1990 et 1995. Il s’intéressait à la littérature, à l’art, aux nouvelles, à la musique, l’histoire sociale, la bande dessinée… On peut désormais retrouver ces textes sur le site Internet de La Bouche de fer. On y trouve également des articles du journal Les Hommes du jour (1908-1919), des brochures publiées par les éditions Partage noir (1987-1993) et des vidéos. La Bouche de fer est aussi une revue que l’on peut lire sur le site et imprimer en format PDF .
Adresse : http://labouchedefer.free.fr/

GAUDIER-BRZESKA. Le sculpteur et dessinateur Henri Gaudier-Brzeska (1891-1915) a d’abord opéré une synthèse entre le cubisme, l’abstraction et les arts primitifs. Puis à partir de 1913, il devient l’un des pionniers du vorticisme, variante britannique du futurisme. Bien qu’affichant des idées anarchistes et antimilitaristes (il avait échappé au service militaire en vivant à Londres), il s’engage en 1914 et est tué le 5 juin 1915 au cours de la bataille d’Artois. Cet ouvrage présente les dessins de l’artiste qui appartiennent au Musée des beaux-arts d’Orléans (Henri Gaudier-Brzeska est né à Saint-Jean-de-Braye, ville voisine d’Orléans).
Henri Gaudier-Brzeska : dessins. Fage, 2009. 199 pages. 20 euros.

JOSSOT. Réalisé par Henri Viltard, Goutte à goutte est un site consacré à l’artiste anarchiste Gustave Henri Jossot (1866-1951). Tous les aspects de son œuvre sont passés en revue : les caricatures (les plus connues étant celles de L’Assiette au Beurre), les aquarelles et les peintures, les affiches et les écrits.
Adresse : http://viltard.henri.neuf.fr/

MASEREEL. Frans Masereel (1889-1972) est un artiste qui a su admirablement mettre une technique très ancienne (la gravure sur bois) au service d’idées modernes (pacifisme, critique du monde contemporain, révolte permanente). Il a collaboré à de nombreuses revues, il a illustré des livres d’écrivains et publié ses propres livres de gravures (L’idée, La ville, Histoires sans paroles…). Sa notoriété était très grande et encore aujourd’hui, on retrouve souvent ses gravures illustrant des articles de la presse anarchiste. Joris Van Parts a écrit la première biographie complète de cet artiste belge pacifiste et socialiste indépendant. Masereel est également évoqué dans une étude sur les romans graphiques publiés au XXe siècle. Ce livre présente également les œuvres de Lynd Ward, Giacomo Patri, Laurence Hyde que les éditions L’Échappée ont récemment rééditées (voir Feuille d’infos du CIRA #103).
Frans Masereel : une biographie par Joris Van Parys. Bruxelles : Archives et musée de la littérature, 2009. 441 p. (Archives du futur). 27 €. Le roman graphique : des origines aux années 1950 par David A. Beronä. La Martinière, 2009. 255 p. 27 €.

PHOTOS. Avec Marge(s), Libertalia innove. Ce recueil de photographies en noir et blanc et en couleurs présente dix années de recherches sur l’image du jeune artiste Yann Lévy. Les quelque 200 clichés reflètent son immersion dans les contre-cultures urbaines. On y croise des rappeurs, des graffeurs, des punks rockers, des performeurs (tatoués, piercés), des comédiens « en marge » (compagnies queer-féministes), des militants, des boxeurs, des skinheads antifascistes, représentants des nombreuses tribus de l’underground contemporain.
Marge(s) par Yann Lévy. Libertalia, 2009. 200 p. 29 €.

PISSARRO. Le peintre Camille Pissarro (1830-1905) est surtout connu pour ses tableaux de paysages ruraux et urbains. Ses convictions anarchistes apparaissent dans un album de vingt-huit dessins à la plume réalisé en 1889 et resté inédit jusqu’en 1972. Il y dénonce le malheur des pauvres et la cupidité des possédants.
Turpitudes sociales par Camille Pissarro. Paris : PUF ; Martigny (Suisse) : Fondation Martin Bodmer, 2009. 128 p. (Sources). 26 €.

FILMS

BAUER. Fred K. Nicolas a réalisé un film documentaire consacré à Charlie Bauer. À la fin des années 1950, ce militant des Jeunesses communistes rompt avec le Parti communiste qui soutient la guerre en Algérie. Ses luttes contre les injustices sont radicales : expropriations, redistribution de marchandises, aide aux déserteurs, soutien au FLN algérien… Il va ensuite passer 25 ans en prison, dont 9 dans les Quartiers de haute sécurité (QHS). Aujourd’hui critique social et sociologue, il continue à combattre tous les enfermements au moyen de son « verbe armé ». Il est l’auteur d’un livre : Fractures d’une vie (Agone, 2004, 446 p., 20 €).
Rouge bandit réalisé par Fred K. Nicolas ; avec Charlie Bauer, Thierry Lévy, Gabriel Mouesca et la voix off de Denis Lavant. Sycomore films, 2009. 54 minutes
Renseignements : Sycomore films, 8 rue des Appenins, 75017 Paris. Sur Internet : http://www.sycomorefilms.com/ (tél. : 01 53 11 00 01 ; courriel : contact@sycomorefilms.com).

BERNARD. Bernard Gainier est un paysan de la Beauce admirateur et interprète des œuvres du poète anarchiste Gaston Couté, beauceron lui aussi. Pascal Boucher lui consacre un film documentaire. À travers le portrait de Bernard, c’est la description d’un monde rural qui disparaît. Bernard produisait son vin et avait travaillé avec un cheval jusqu’en 1989. À plus de 70 ans, il parle encore le patois de la Beauce et continue d’affirmer ses convictions anarchistes.
Bernard : ni Dieu ni chaussettes réalisé par Pascal Boucher ; produit par Les Mutins de Pangée. 86 minutes. Le film est sorti en salles le 24 mars 2010.

CINÉMA ET ANARCHIE. En 2004, Isabelle Marinone soutenait une thèse sur les rapports entre l’anarchisme et le cinéma en France. C’est un éditeur brésilien qui publie une partie des résultats de ses recherches. Ce livre aborde la période qui va de 1895 à 1935 et évoque le Cinéma du peuple ainsi que des personnalités comme Émile Cohl, Carl Einstein, Armand Guerra, Jean Painlevé, Henry Poulaille, Man Ray ou Jean Vigo. Une version française est maintenant attendue avec impatience.
Cinema e anarquia : uma história « obscura » do cinema na França (1895-1935) par Isabelle Marinone. Rio de Janeiro : Azougue, 2009. 214 p. (Cinemateca brasileira). 36 réaux.

LOUISE. Le film de Solveig Anspach retrace certains épisodes de la vie de Louise Michel (1830-1905). Sont ainsi évoqués : sa participation à la Commune de Paris, sa déportation en Nouvelle-Calédonie, son intérêt pour les cultures kanaks. Ce film a été en partie tourné en Nouvelle-Calédonie avec des acteurs kanaks.
Louise Michel la rebelle réalisé par Solveig Anspach ; avec Sylvie Testud dans le rôle de Louise Michel ; d’après un scénario original de Jacques Kirsner et Michel Ragon. 90 minutes. Le film a été diffusé sur France 3 le 6 mars 2010 et sortira en salles le 7 avril 2010.

RAJSFUS. L'an prochain la révolution est un film de Frédéric Goldbronn retraçant la vie, les idées et les combats de Maurice Rajsfus. Né en 1928 à Aubervilliers, il s'est engagé contre le fascisme, le colonialisme, le racisme et la répression policière. Il est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages.
L'an prochain la révolution réalisé par Frédéric Goldbronn. 71 minutes + 60 minutes de suppléments. Éditions du Monde libertaire, 2010. 14,90 euros. Adresse : Éditions du Monde libertaire, 145 rue Amelot, 75011 Paris.

SERVITUDE. De la servitude volontaire est à la fois un film documentaire et un livre. Jean-François Brient en est l’auteur, Victor León Fuentes en a réalisé le montage d’après des images détournées. Ils y dénoncent ce qu’ils appellent le « système totalitaire marchand » en plusieurs chapitres : l’habitat, l’alimentation, la médecine, le travail, la destruction de l’environnement… Les auteurs ont eu comme sources d’inspiration Diogène, Étienne de La Boétie, Karl Marx et Guy Debord.
De la servitude volontaire réalisé par Jean-François Brient. 2009. 52 minutes (versions en français, espagnol et anglais). On peut consulter le film sur Internet : http://www.delaservitudemoderne.org/ Le livre, accompagné d’un DVD est disponible gratuitement dans plusieurs lieux alternatifs. Renseignements : tempsbouleverses@gmail.com

 

HISTOIRE

ARGENTINE. En décembre 2001, l’Argentine était en pleine explosion sociale à la suite d’une grave crise économique. Des pratiques qui semblaient oubliées ont été remises à l’ordre du jour : assemblées générales de quartier, troc, récupération et autogestion d’entreprises par leurs travailleurs, action directe… Guillaume de Gracia s’est intéressé à l’histoire des luttes dans ce pays qui a été marqué par un mouvement anarchiste important à la fin du XIXe et au début du XXe siècles.
L’horizon argentin : petite histoire des voies empruntées par le pouvoir populaire : 1860-2001 par Guillaume de Gracia. CNT-RP, 2009, 22 €.

CANUTS. À Lyon, en 1831, des dizaines de milliers d’ouvriers travaillant dans l’industrie de la soie, sans organisation, se révoltent pour obtenir de meilleurs salaires et se rendent maîtres de la ville. Ils créent par la suite des associations et déclenchent une nouvelle insurrection en 1834. Les quartiers populaires de Lyon vont alors connaître une répression sanglante. Ce livre est paru pour la première fois en 1931. Jacques Perdu (1899-1951), de son vrai nom Jean-Jacques Soudeille, était historien, journaliste, communiste oppositionnel et résistant. Il s’est appuyé sur des témoignages de l’époque.
La révolte des canuts : 1831-1834 par Jacques Perdu. Les Amis de Spartacus, 2010. 89 p. (Cahiers B ; 177). 9 €.

COMMUNE. Un siècle d'idéologie marxiste a souvent effacé les traces de l'esprit libertaire qui régna durant la Commune de Paris. Ce livre s’interroge sur les liens entre les anarchistes et la Commune : comment ont-ils pu l’inspirer, comment et pourquoi ont-ils eu de l'influence pendant cette révolution, quelles traces la Commune a-t-elle laissées dans leur histoire ?
Les anarchistes et la Commune de Paris par Jean-Philippe Crabé. Les Éditions du Temps perdu, 2010. 126 p. 9 €.

MAKHNO. Nestor Makhno (1889-1934) est la figure la plus connue du mouvement anarchiste ukrainien. Quand il ne combattait pas les bolcheviks et les généraux blancs, Nestor Makhno avait réussi à créer une république paysanne s’inspirant des principes anarchistes. Le premier volume de ses mémoires a été publié en français en 1927 à Paris. Les éditions Ivrea en proposent une réédition, suivie de la suite de ses mémoires, restés inédits jusqu’à ce jour ainsi que divers écrits.
Mémoires et écrits par Nestor Makhno ; traduits par Alexandre Skirda. Ivrea, 2010. 558 p. 35 €.

PROVO. En juillet 1965, une poignée d’agitateurs manifestaient à l’occasion du mariage de la future reine des Pays-Bas. Ce petit groupe devient rapidement un vaste mouvement, nommé Provo par ses adversaires. Héritier de la tradition anarchiste, il est un foyer de réflexion dans des domaines qui étaient alors négligés : écologie, éducation anti-autoritaire, liberté sexuelle, critique de la consommation, féminisme… Ce livre était précédemment paru en 1982, il a été revu et corrigé, il est agrémenté de nombreuses photos et dessins ainsi que de textes d’époque.
Provo : Amsterdam 1965-1967 par Yves Frémion. Nautilus, 2009. 238 p. 18 €.

SAN FRANCISCO. San Francisco, été 1967 : des milliers de jeunes arrivent de tous les États-Unis pour participer au Summer of love dans le quartier de Haight-Ashbury, laboratoire de l’utopie libertaire. Divers groupes ont contribué à construire une société alternative : Beatniks, Diggers, Merry Pranksters, Hippies, Hell’s Angels, artistes… Ils défendaient la liberté, la gratuité, la spiritualité, l’autonomie, la solidarité et nombre de valeurs libertaires, dans la perspective d’un monde plus juste et plus harmonieux.
San Francisco : l’utopie libertaire des sixties par Steven Jezo-Vannier ; photos d’Alain Dister et de Bernard Plossu. Le Mot et le reste, 2010. 304 pages. (Attitudes). 23 €. CIRA

WEATHER UNDERGROUND. À la fin des années 1960, un groupe d'étudiants issus de la classe moyenne américaine, révoltés par la guerre du Vietnam et inspirés par les luttes des Black Panthers décident de prendre les armes pour renverser le gouvernement. Le Weather Underground organise des attentats contre le Capitole, le Pentagone, le département d'État et le FBI. Il libère de prison le pape du LSD Timothy Leary. Clandestins, pourchassés pendant dix ans, la plupart de ses membres finiront par se rendre et certains sont encore en prison aujourd'hui. Dan Berger, universitaire et militant politique retrace l’histoire de ce groupe avec un regard distancié et parfois critique.
Weather Underground : histoire explosive du plus célèbre groupe radical américain par Dan Berger. L’Échappée, 2010. 592 p. (Dans le feu de l'action). 24 €.

 

LITTÉRATURES

BA JIN. En 2009, la ville de Château-Thierry rendait hommage à Ba Jin (1904-2005) en organisant plusieurs expositions.
Cet écrivain chinois a découvert très jeune les idées anarchistes. De juillet 1927 à octobre 1928, il séjourne à Château-Thierry comme étudiant au collège Jean de La fontaine. Il y écrit son premier roman. Ce livre propose une biographie de Ba Jin, des extraits de son roman Famille, de nombreuses illustrations. Il a été réalisé par Christiane Sinnig-Haas, Tony Legendre, Angel Pino…
Ba Jin, un écrivain du peuple au pays de Jean de La Fontaine. Musée Jean de La Fontaine, 2009. 214 p. 12 €. Adresse : Musée Jean de La Fontaine, boutique, 12 rue Jean de La Fontaine, 02400 Château-Thierry (chèque à l’ordre de Perception municipale).
Sur Internet : www.musee-jean-de-la-fontaine.

CABANEL. La collection Abiratures des éditions Ab irato est consacrée à l’écriture poétique sous toutes ses formes. Guy Cabanel a participé aux activités du mouvement surréaliste dès 1958 avec son ami Robert Lagarde qui illustre cet ouvrage. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de poésie.
Hommage à l ‘Amiral Leblanc ; suivi de ses Pensées et proclamations par Guy Cabanel. Ab irato, 2009. 96 p. (Abiratures).10 €.

CAMUS. En 2008, les Journées de Lourmarin ont pris comme thème de travail les relations d’Albert Camus avec les libertaires. Celui-ci avait en effet noué des amitiés avec des syndicalistes révolutionnaires et des anarchistes ainsi que des anti-totalitaristes et des représentants des mouvements pacifiste et de non-violence. Les débats avec les libertaires ont traité de la guerre civile en Espagne, des révoltes en Hongrie et à Berlin-Est, ainsi que de la guerre d’Algérie. Ont participé à ces Journées : Sylvain Boulouque, Alessandro Bresolin, Marianne Enckell, Séverine Gaspari, Charles Jacquier, Lou Marin, Progresso Marin, Wally Rosell, et Philippe Vanney.
Le don de la liberté : les relations d’Albert Camus avec les libertaires. Les Rencontres méditerranéennes Albert Camus, 2009. 163 p. + 1 CD audio. 18 €.

CRAVAN. Poète, peintre, boxeur et insoumis, Arthur Cravan (1887-1918) a été l’un des précurseurs du mouvement Dada. Peu après son mariage au Mexique avec la poète anarchiste et futuriste Mina Loy (1882-1966), il disparaissait, peut-être lors d’un naufrage. Dans son essai, Bertrand Lacarelle montre quelles relations il a eues avec ses contemporains (Apollinaire, Cendrars, Gide, Marinetti, Fénéon, Duchamp, Van Dongen) et comment il a eu une influence sur ses successeurs (Maïakovski, Debord, Desnos).
Arthur Cravan, précipité par Bertrand Lacarelle. Grasset, 2010. 264 p. 17 €.

DAGERMAN. Stig Dagerman (1923-1954) est l’auteur de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre et de poèmes. Il a aussi écrit des reportages et des essais. Il a milité dans les rangs du syndicat libertaire SAC (Sveriges Arbetares Centralorganisation) et était rédacteur de son journal Arbetaren. L’île des condamnés est un roman écrit après la Seconde Guerre mondiale, Dagerman y exprime le drame d’un monde où la fraternité n’est pas capable de renaître. La dictature du chagrin rassemble seize textes dans lesquels l’auteur réagit face aux sujets d’actualité. On y trouve ses thèmes de prédilection : les rapports de l’individu au collectif, l’éducation, la domestication des esprits, l’auto-illusion. Dieu rend visite à Newton est une nouvelle écrite à la fin de sa vie. C’est une fable sur le pouvoir, la loi divine et les lois humaines.
L’île des condamnés par Stig Dagerman. Agone, 2009. 278 p. (Collection de littérature). 23 €. La dictature du chagrin ; et autres écrits amers (1945-1953) par Stig Dagerman. Agone, 2009. 192 p. 17 €. Dieu rend visite à Newton par Stig Dagerman. Éditions du Chemin de fer, 2009. 72 p. 14 €.
DÉJACQUE. Joseph Déjacque (1821-1864) est un ouvrier socialiste anti-autoritaire à qui l’on doit l’invention du mot « libertaire ». Il a connu la Révolution de 1848, la prison puis l’exil. À New York, il édite le journal Le Libertaire. Il publie sous forme de feuilleton L’Humanisphère. Dans ce roman utopique, il imagine le monde en 2858. L’harmonie et l’égalité ont remplacé la hiérarchie, l’esclavage et la concurrence. Les amours ne sont plus régis par des lois et la notion d’individu ne s’oppose plus à celle de la communauté.
L’Humanisphère par Joseph Déjacque. Burozoïque, 2009. 264 p. (Le répertoire des îles). 10 €. Une étude de l’œuvre de Joseph Déjacque est disponible sur Internet : http://joseph.dejacque.free.fr/

DELIGNY. Fernand Deligny (1913-1996) a été l’un des premiers éducateurs à créer un lieu de vie pour les autistes en dehors des institutions. Jetant des passerelles entre surréalisme et psychiatrie, il est resté à contre-courant des écoles de pensée. Il a été aussi auteur de pamphlets, de romans et de films. Les éditions L’Arachnéen ont publié une grande partie de ses œuvres. Les éditions Le Mot et le reste ont rassemblé ses derniers écrits : des textes brefs et des aphorismes.
Œuvres de Fernand Deligny. L’Arachnéen, 2007. 1843 p. 58 €. L’Arachnéen et autres textes de Fernand Deligny. L’Arachnéen, 2008. 253 p. 25 €. Essi et Copeaux par Fernand Deligny. Le Mot et le reste, 2005. 340 p. 22 €.

DESCAVES. Deux romans d’inspiration libertaire de l’écrivain Lucien Descaves (1861-1949) viennent d’être réédités. Paru en 1889, Sous-Offs est un roman antimilitariste qui conduisit l’auteur en Cour d’Assises pour injures à l’armée et outrage aux bonnes mœurs (il fut cependant acquitté). Il y dresse en effet le portrait satirique et sans concession de la vie d’une caserne à Dieppe. Les Emmurés, paru en 1894, montre l’attention que Lucien Descaves a portée durant toute sa vie aux exclus de la société. Il y met en scène les aveugles à Paris en décrivant leurs conditions matérielles, morales et affectives.
Les emmurés par Lucien Descaves. La Part commune, 2009. 512 p. 19 €. Sous-offs ; suivi de Sous-offs en cour d’assises par Lucien Descaves. La Part commune, 2009. 560 p. 19 €.

EECKHOUD. Georges Eeckhoud (1854-1927) est un écrivain belge de sensibilité anarchiste qui a fait scandale en publiant un roman traitant ouvertement de l’homosexualité (Escal-Vigor). Dans Les libertins d’Anvers (1912), il s’intéresse aux loïstes, ces hérétiques du Moyen Âge qui ont osé s’attaquer au totalitarisme de l’Église aussi bien catholique que protestante. Ils en appelaient à l’amour libre et à la défense des pauvres et des opprimés contre l’intolérable arrogance de la richesse.
Les libertins d’Anvers par Georges Eeckhoud ; préface de Raoul Vaneigem. Aden, 2009. 304 p. (Opium du peuple). 22 €.

FO. Les éditions Fayard proposent deux livres de l’anarchiste prix Nobel de littérature Dario Fo. L'Apocalypse différée est une grande fresque dans laquelle la ville de Milan se réveille un matin privée de toutes les énergies fossiles. Les habitants, enfin libérés de la consommation à outrance, cherchent de nouvelles énergies renouvelables et prennent enfin leurs affaires en main. Ce texte peut être récité, mimé ou joué. Amour et dérision est un recueil de quatre nouvelles : l’histoire d’Héloïse et Abélard, un épisode d’hérésie dans le Milan du XIIIe siècle, les méditations d’une dompteuse de lions et le procès farce d’un vagabond chinois dans la Chine de 1926. Dario Fo y dénonce les diverses formes de pouvoir et ses abus. Dans un cinquième texte, il donne un aperçu tout personnel et décoiffant du théâtre grec antique. 
L'Apocalypse différée ou À nous la catastrophe par Dario Fo. Fayard, 2010. 220 pages. (Littérature étrangère). 18 euros. Amour et dérision par Dario Fo. Fayard, 2010. 142 pages. (Littérature étrangère). 15 euros.

MESSAC. Régis Messac (1893-1945) était un enseignant proche des libertaires et des écrivains prolétariens. Il est l’auteur de romans de science-fiction et d’une thèse sur le roman policier. Membre de la Résistance, il est déporté et il meurt quelque part en Allemagne. Les éditions Ex nihilo poursuivent la réédition de ses œuvres. Dans Valcrétin, il décrit une humanité dégradée. Les membres d'une expédition scientifique sur une île perdue au large du Chili partent à la recherche des Crétins et sombrent eux aussi dans la folie. La cité des asphyxiés dépeint un monde souterrain où seuls les riches ont le monopole de la production et la distribution de l’air. Brève histoire des hommes est une étude matérialiste sur les faits de peuplement et de culture. Smith Conundrum est un roman qui a pour cadre une université anglophone du Canada dans les années 1920. Il s’agit d’un récit autobiographique à clefs. L’auteur y dénonce la médiocrité des enseignants et des étudiants. À bas le latin ! est un pamphlet paru en 1933. Régis Messac y critique l’enseignement du latin qui occupait une place écrasante dans l’école de son époque.
Valcrétin par Régis Messac. Ex nihilo, 2009. 166 p. 15 €. La cité des asphyxiés par Régis Messac. Ex nihilo, 2010. 326 p. 19 €. Brève histoire des hommes par Régis Messac. Ex nihilo, 2009. 201 p. 15 €. Smith Conundrum par Régis Messac. Ex nihilo, 2010. 181 p. 15 €. À bas le latin ! par Régis Messac. Ex nihilo, 2010. 197 p. 15 €.

MIRBEAU. Cahiers Octave Mirbeau. N° 17, 2010. 375 p. 23 €. Depuis 1994, la Société Octave Mirbeau publie les Cahiers qui contribuent à mieux faire connaître la vie et l’œuvre de cet écrivain anarchiste (1848-1917). Au sommaire de ce numéro : des études et des documents, des témoignages, une bibliographie, des notes de lecture, réalisés par de nombreux auteurs (Pierre Michel, Claude Herzfeld, Céline Beaudet, Samuel Lair…). Par ailleurs, deux romans de Mirbeau sont réédités. L’abbé Jules est l’évocation d’un prêtre hystérique, en révolte permanente, constamment déchiré entre les besoins de sa chair et ses prières vers le ciel. Dans Les 21 jours d’un neurasthénique, Octave Mirbeau fait défiler avec humour une humanité inquiétante faite de fripouilles, crapules et autres imbéciles.
Adresse : Société Octave Mirbeau, 10 rue André Gautier, 49000 Angers (tél. : 02 41 66 84 64 ; courriel : michel.mirbeau@free.fr). Sur Internet : http://www.mirbeau.org/societe.html
L’abbé Jules par Octave mirbeau. L’ Âge d’homme, 2010. 285 p. (Revizor). 15 €. Les 21 jours d’un neurasthénique par Octave Mirbeau. L’Arbre vengeur, 2010. 410 p. 16 €.

ORWELL. Ce recueil rassemble des textes inédits en français de George Orwell. Ils avaient en effet été écartés de l’édition de ses Essais, articles et lettres choisis par sa veuve Sonia qui était effrayée par les positions radicales de son mari. On peut y voir l’évolution de la pensée d’Orwell à travers ses témoignages sur l’Espagne de la guerre civile, ses appels à la révolution en Angleterre pour gagner la guerre contre Hitler, sa condamnation radicale de l’impérialisme britannique en Inde et en Birmanie, ses réflexions sur le socialisme et la démocratie ainsi que sa critique des intellectuels fascinés par le pouvoir.
Écrits politiques : (1928-1949) : sur le socialisme, les intellectuels et la démocratie par George Orwell. Agone, 2009. 432 p. (Banc d’essais). 25 €.

PHILIPPE. Le centième anniversaire de la mort de l’écrivain Charles-Louis Philippe (1874-1909) est passé inaperçu. Fils d’un sabotier de l’Allier, il obtient un poste de fonctionnaire à Paris. Ses sympathies allaient vers l’anarchisme. Dans ses romans, il décrit la vie des petites gens avec leurs défauts et leur humanité ainsi que l’oppression qu’ils subissent et il fustige les parvenus et les puissants. Il est à l’origine du mouvement littéraire radical dit groupe de Carnetin (de 1904 à 1907) et de la création de la Nouvelle revue française en 1908. Les éditions Plein chant ont réuni les contes qu’il avait publiés dans le journal Le Matin. Par ailleurs, Claude Herzfeld montre l’influence qu’ont eu Dostoïevski et Nietzsche sur cet auteur.
Contes du matin par Charles-Louis Philippe. Plein chant, 2009. 189 p. (Voix d’en bas). 14 €. Charles-Louis Philippe : entre Nietzsche et Dostoïevski par Claude Herzfeld. L’Harmattan, 2009. 110 p. (Espaces littéraires). 12 €.

RICTUS. Jehan Rictus (1867-1933) était un poète et chansonnier social. Proche des anarchistes avant 1914, il aura ensuite des positions nationalistes et d’extrême droite. Ses recueils de poèmes évoquent l’amour, la souffrance, la mort, le travail, le bistrot… lls donnent la parole aux victimes, exclus et marginaux. Sa langue mêle le parler picard du Boulonnais et l’argot parisien.
Les soliloques du pauvre par Jehan Rictus. Au diable Vauvert, 2009. 218 p. 5 €.

ROBIN. Né en Bretagne, Armand Robin (1912-1961) fut polyglotte, poète, critique, mais aussi un traducteur de génie. Il a traduit des textes de vingt-deux langues différentes. Après un voyage en URSS en 1933, il dénonce le stalinisme, puis après la Guerre, adhère à la Fédération anarchiste. Ce recueil propose ses textes libertaires organisés en cinq ensembles : les écrits antérieurs à l’adhésion à la FA, les Poèmes indésirables (1943-1944), les articles publiés dans Le Libertaire (1945-1955), des traductions de poésie et d’autres textes (1945-1958). Françoise Morvan présente des textes et des photographies de Robin qui montrent la campagne de Rostrenen (Côtes-d’Armor) d’avant-guerre. Ce travail de photographe amateur montre un monde aujourd’hui disparu.
Le combat libertaire par Armand Robin. Jean-Paul Rocher, 2009. 200 p. 24 €. Le cycle du pays natal : textes et photographies d’Armand Robin ; rassemblés par Françoise Morvan. La Part commune, 2010. 128 pages. 13 euros.

SERGE. Victor Serge (1890-1947) est né à Bruxelles dans une famille d'exilés anti-tsaristes. Rédacteur à L’Anarchie, il est emprisonné à la suite du procès de la « Bande à Bonnot ». Il rejoint la Russie à l'annonce de la révolution. Membre de l'opposition de gauche du parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation. Expulsé d'URSS après des années d'interventions de militants et d'écrivains, il revient à Bruxelles en avril 1936. Boycotté en France par la presse du Front populaire, il est invité par La Wallonie, un journal socialiste de Liège, à publier une chronique hebdomadaire où il analyse notamment les contre-révolutions à l’œuvre en Europe. Ce recueil en propose une centaine. Par ailleurs deux romans de Victor Serge ont été réédités. S’il est minuit dans le siècle et L’affaire Toulaev décrivent la Russie de Staline comme une machine à broyer les hommes avec ses purges et ses procès. Enfin l’ouvrage Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression est enrichi d’une préface d’Éric Hazan et d’une actualisation de Francis Dupuis-Déri sur les techniques contemporaines de contrôle policier.
Retour à l’Ouest : chroniques (juin 1936-mai 1940) par Victor Serge. Agone, 2010. 400 p. (Mémoires sociales). 23 €. S’il est minuit dans le siècle par Victor Serge. Grasset, 2009. 266 p. (Les cahiers rouges ; 58). 9,20 €. L’affaire Toulaev par Victor Serge. Zones, 2009. 396 p. 24 €. Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression par Victor Serge. Zones, 2009. 192 p. 14,50 €.

TAIBO II. Paco Ignacio Taibo II est un écrivain hispano-mexicain né en 1949. Ses romans noirs évoquent souvent des personnages anarchistes. Sébastien Rutés explore son œuvre en insistant sur les innombrables références littéraires, musicales et cinématographiques qui en font son originalité. Dans ses propres romans, Sébastien Rutès aime bien lui aussi mélanger les genres. C’est ce qu’il fait avec La loi de l’Ouest qui est à la fois un polar et un livre de western.
Lenine à Disneyland : une étude littéraire sur l’œuvre de Paco Ignacio Taibo II par Sébastien Rutés. L’Atinoir, 2010. 248 p. (L’Atineur). 8,50 €. La loi de l’Ouest par Sébastien Rutés. L’Atinoir, 2009. 140 p. 12 €.

THOREAU. L’écrivain américain Henry David Thoreau (1812-1862) était non-violent et individualiste. Il faisait l’éloge de la nature et refusait l’esclavagisme. Il a été mis en prison pour avoir refusé de payer ses impôts à un État qui défendait l’esclavage et faisait la guerre au Mexique. Cette expérience lui inspira l’essai La désobéissance civile. Son chef-d’œuvre littéraire Walden est publié dans une nouvelle traduction. Il y explique le sens de son séjour dans le bois de Concord (Massachusetts), refusant aussi bien la tradition que le monde moderne. En gardant le contact avec la nature, il refuse une société où dominent le commerce et l’argent. Par ailleurs, l’essayiste et naturaliste John Burroughs (1837-1921) est l’auteur de deux textes inédits en français rassemblés en un volume. Ce disciple de Thoreau y dresse un portrait vivant et lucide de l’auteur de Walden.
Walden par Henry David Thoreau ; traduit par Brice Matthieussent. Le Mot et le reste, 2010. 456 pages. (Attitudes). 23 euros. Henry D . Thoreau par John Burroughs. Éditions du Sandre, 2010. 74 pages. 11 euros.

VALLOTON. Le peintre français d’origine suisse Félix Valloton (1865-1925) a exposé avec les nabis mais il est toujours resté indépendant. Il a aussi réalisé des dessins de presse et a apporté son soutien aux victimes de la Commune, à Zola pendant l’affaire Dreyfus, à Jean Grave ou bien à Laurent Tailhade. Écrivain, il est l’auteur de pièces de théâtre et de romans à tonalité pessimiste. La vie meurtrière raconte l’histoire d’un artiste qui se suicide à 28 ans après avoir provoqué durant sa vie toute une série de catastrophes
La vie meurtrière par Félix Valloton. Phébus, 2009. 192 p. (Libretto ; 282). 10 €.

VIGNÉ D'OCTON. Deux biographies consacrées à Paul Vigné d’Octon (1859-1943) paraissent en même temps. Les sympathies de ce médecin allaient des radicaux aux anarchistes. Alors qu’il était dans la Marine, il avait assisté aux massacres coloniaux en Afrique. Il mène ensuite une carrière politique dans l’Hérault et devient écrivain et pamphlétaire. Il est l’auteur de romans régionaux et psychologiques et de textes dénonçant le colonialisme et le militarisme. Il a donné de nombreux articles à la presse libertaire. À partir des années 1920, il abandonne la politique et se consacre à la diffusion des idées naturistes ainsi qu’à la psychanalyse.
Paul Vigné d’Octon : 1859-1943 : les combats d’un esprit libre, de l’anticolonialisme au naturisme par Christian Roche. L’Harmattan, 2009. 173 p. 16,50 €. Vigné d’Octon : un utopiste contre les crimes de la République par Marie-Joëlle Rupp. Ibis press, 2009. 180 p. 16 €.

MUSIQUES

UNDERGROUND. Après 1968, l’expérimentation musicale a été foisonnante en France. De nombreux groupes s’inspirant du rock psychédélique, de la tradition de la chanson française ou encore du free jazz, affichent des pratiques revendicatives et libertaires. Ils répondent aux doux noms de Red Noise, Barricade, Komintern, Crium Delirium, Maajun, Lard Free, Camizole, Etron Fou Leloublan…
L’Underground musical en France par Éric Deshayes et Dominique Grimaud. Le Mot et le reste, 2008. 350 p. (Formes). 23 €.

THÉORIES ET PRATIQUES

ALTERNATIVES. En mai 2009, le CIRA Limousin organisait un colloque au château de Ligoure (Haute-Vienne) intitulé Vivre l’anarchie. Pendant trois jours, les intervenants ont présenté des expériences communautaires et des réalisations alternatives menées par des anarchistes du XIXe siècle à nos jours en France, au Brésil et aux États-Unis. Les textes sont signés par Olivier Chaïbi, Nathalie Brémand, Isabelle Felici, Gaetano Manfredonia, Edward Sarboni, Ronald Creagh, Anne Steiner et Jean Berthaut.
Vivre l’anarchie : expériences communautaires et réalisations alternatives antiautoritaires. Atelier de création libertaire, 2010. 158 p. 14 €.

ANIMAUX. Les éditions Graswurzelrevolution publient un recueil de textes (en allemand) sur les violences faites aux animaux. Sont proposés des écrits, souvent originaux, de Léon Tolstoï, Clara Wichmann, Élisée Reclus, Magnus Schwantje ainsi que du groupe Internationaler Sozialistischer Kampfbund (Union de lutte socialiste internationale). Celui-ci s’est organisé autour de restaurants végétariens qu’il a utilisés comme lieux de rencontres clandestins pour son combat à l’intérieur de l’Allemagne nazie jusqu’en 1938.
Leo Tolstoi, Clara Wichmann, Elisée Reclus, Magnus Schwantje etc. : das Schlachten beenden ! (Pour en finir avec l’abattage ! ) : zur Kritik der Gewalt an Tieren : anarchistische, feministische, pazifistische und linkssozialistische Traditionen (Critique de la violence à l’encontre des animaux : traditions anarchistes, féministes, pacifistes et socialistes-de-gauche). Heidelberg (Allemagne) : Graswurzelrevolution, 2010. 180 p. 14,90 €.

Bernard. André Bernard a été confronté très jeune au militarisme et à la guerre d’Algérie de 1954. Il refuse de participer à cette guerre coloniale. Son anarchisme propose des méthodes d’action non violentes, comme la désobéissance civile. Des articles précédemment publiés dans Le Monde libertaire et Réfractions illustrent son parcours. André Bernard est aussi artiste et poète.
Être anarchiste oblige ! par André Bernard. Atelier de création libertaire, 2010. 231 pages. 14 euros.

CARPENTER. Edward Carpenter (1844-1929), philosophe et poète, est un éminent représentant de l'anarchisme anglais. Proche du mouvement d'inspiration anti-industrielle Arts and crafts de William Morris, il figure aussi parmi les premiers activistes homosexuels. Avec une radicalité teintée d'ironie, il pose, en substance la question suivante : « si nous allons si mal, est-ce parce que la civilisation est en crise ou, au contraire, parce qu'elle se porte un peu trop bien ? »
La Civilisation, ses causes et ses remèdes par Edward Carpenter. Éditions du Sandre, 2009. 94 p. 11 €.

COMMUNAUTÉS. Ronald Creagh retrace l’histoire des expériences libertaires communautaires aux États-Unis du XIXe siècle à nos jours. À la ville ou à la campagne, des disciples de Robert Owen ou de Charles Fourier, des contestataires et des écologistes ont tenté de vivre en dehors de la logique de la société dominante.
Utopies américaines : expériences libertaires du XIXe siècle à nos jours par Ronald Creagh. Agone, 2009. 400 p. (Mémoires sociales). 24 €.

CONSEILS OUVRIERS. Contemporain de Lénine et de Rosa Luxembourg, Anton Pannekoek (1873-1960) a milité aux Pays-Bas puis en Allemagne. Il se sépare des partis socialistes en 1914 et rejoint les communistes internationalistes allemands. Il participe à la révolution allemande de 1918. En 1920 il s’oppose à la direction de l’Internationale communiste qui veut imposer des tactiques parlementaristes. Entre 1943 et 1947, il rédige Les Conseils ouvriers. Il y défend le principe de l’autogestion ouvrière des entreprises et de la production. Les conseils ouvriers peuvent mener à une société de producteurs associés, libres et égaux, une société sans classes ni exploitation.
Les conseils ouvriers par Anton Pannekoek. Spartacus, 2010 et 1982. 2 volumes : 260 et 174 pages. (Série B ; 178 et 119). 30 euros.

COSTA RICA. Malcolm Menzies est l’auteur d’un livre sur Nestor Makhno, d’un autre sur les Bandits tragiques (la Bande à Bonnot) et d’un recueil de nouvelles (Trois contes des îles). Dans ce dernier, il évoquait déjà une colonie anarchiste individualiste qui a existé dans les années 1920 à Mastatal, dans une région reculée du Costa Rica. Fondée par un Français, elle attira de nombreux compagnons puis disparut sans laisser de traces.
Mastatal : une colonie individualiste au Costa Rica dans les années 20 par Malcolm Menzies. Plein chant, 2009. 306 p. 21 €.

CUISINE. Ricette anarchiche (Recettes anarchistes) est un livre très illustré qui mêle des recettes de cuisine avec des histoires vécues, de la musique et de la poésie. Autour du thème de l’alimentation, on y croise Michel Bakounine, Gaetano Bresci (l’assassin du roi Umberto Ier), John Cage, les communards ou bien Buenaventura Durruti.
Ricette anarchiche édité par Rino De Michele. Raguse : La Fiaccola ; Venise : ApArte, 2008. 120 p. 14 €.

FERRER. Anarchiste et pédagogue, Francisco Ferrer (1859-1909) créa en 1901 L’École moderne à Barcelone. Jusqu’en 1906, elle proposa la mixité sociale et de genre, l’expérimentation scientifique, la participation active des enfants, l’implication des parents, l’abolition des examens et des sanctions. Ferrer est ainsi devenu la cible du clergé et de la monarchie. En 1909, considéré comme responsable d’émeutes pendant la Semaine tragique, il sera fusillé. Emprisonné, il écrivit le bilan de son école, publié aujourd’hui par deux éditeurs belges. De leur côté, les éditions du Coquelicot proposent une étude sur Ferrer.
L’École moderne : explication posthume et finalité de l’enseignement rationnel par Francisco Ferrer i Guardia. Couleur livres : Bruxelles laïque, 2009. 117 p. 13 €. Francisco Ferrer i Guardia : (1859-1909) : une pensée en action par Violette Marcos, Annie Rieu et Juanito Marcos. Le Coquelicot, 2009. 109 p. 12 €.

FOURIER. De janvier à avril 2010, une exposition consacrée à Charles Fourier (1772-1837) a été présentée à Besançon. Précurseur de certaines formes d’anarchisme, il a imaginé une transformation radicale de la société aussi bien sur le plan économique que dans les rapports entre les hommes et les femmes. Il a su démontrer la mécanique des passions et leurs fondements sociaux : la famille et le mariage, source de tous les maux. Le catalogue de l’exposition présente les écrits de Fourier et ceux de ses disciples, les tentatives de réalisation pratique de son système utopique ainsi que la contemporanéité de ses idées. De son côté, Bernard Desmars a écrit une histoire des fouriéristes à partir de 1850. Ces militants ont créé des phalanstères, des communautés et des établissements d’éducation. Ils ont été aussi actifs dans divers mouvements sociaux
Charles Fourier : l’écart absolu : catalogue d’exposition, Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon, janvier-avril 2010. Les Presses du réel, 2010. 256 p. (L’écart absolu). 26 €. Militants de l’utopie ? : les fouriéristes dans la seconde moitié du XIXe siècle par Bernard Desmars. Les Presses du réel, 2010. 432 p. (L’écart absolu). 23 €.

MALATESTA. Errico Malatesta (1853-1932) est sans doute la figure la plus connue de l’anarchisme italien. Le sociologue Daniel Colson s’est intéressé à la pensée politique et philosophique de Malatesta qui a évolué en fonction des événements auxquels il a participé. L’auteur a étudié plus particulièrement trois textes essentiels qui sont republiés intégralement : L’Anarchie, À propos de Pierre Kropotkine et Réponse à la Plateforme. L’ouvrage est illustré de portraits de Malatesta par Marion Gurcel.
L'anarchisme de Malatesta par Daniel Colson. Suivi de L’Anarchie ; À propos de Pierre Kropotkine ; et Réponse à la Plateforme de Errico Malatesta. Atelier de création libertaire, 2010. 174 p. 14 €.

PROUDHON. Il y a deux cents ans Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) naissait à Besançon. Père de l’anarchisme, de l’autogestion et du fédéralisme, il est un des penseurs les plus importants du XIXe siècle. À l’occasion de cet anniversaire, les parutions ont été nombreuses. Vincent Valentin a réuni plusieurs de ses textes sous le titre Liberté, partout et toujours. Qu’est-ce que la propriété ? a été publié en 1840. C’est une critique toujours d’actualité du capitalisme. Quant à l’ouvrage paru dans la collection Graine d’ananar, il s’agit d’une synthèse des idées de Proudhon. La Racontotte, revue d’études franc-comtoises lui consacre un numéro spécial. René Berthier a publié le premier volume d’une série d’Études proudhoniennes. Les éditions de L’Herne proposent deux textes de Proudhon et les éditions de l’Ère une anthologie. À noter également deux biographies, l’une écrite par Anne-Sophie Chambost, historienne du droit et l’autre par Édouard Jourdain, membre du collectif de rédaction de la revue Réfractions.
Liberté, partout et toujours par Pierre-Joseph Proudhon. Les Belles lettres, 2009. 420 p. (Bibliothèque classique de la liberté). 27 €. Qu’est-ce que la propriété ? par Pierre-Joseph Proudhon. TOPS, 2007. 339 p. 18 €. Pierre-Joseph Proudhon. Éditions du Monde libertaire, 2009. 80 p. (Graine d’ananar). 5 €. Pierre-Joseph Proudhon : le combat d’une vie pour une société juste et heureuse. Atelier du Grand tétras, juillet-août-septembre 2009. 48 p. (La Racontotte ; 86). 5,50 €. (Adresse : L'Atelier du Grand Tétras, Au-Dessus du Village,  25210 Mont de Laval ; courriel : laracontotte@wanadoo.fr). Études proudhoniennes : 1 : l’économie politique par René Berthier. Éditions du Monde libertaire, 2009. 190 p. (Bibliothèque anarchiste). 10 €. La pornocratie par Pierre-Joseph Proudhon. L’Herne, 2009. 86 p. (Carnets de l’Herne). 9,50 €. La célébration du dimanche par Pierre-Joseph Proudhon. L’Herne, 2010. 160 p. (Carnets de L’Herne. Carnets anti-capitalistes). 9,50 €. Manuel du spéculateur à la Bourse : une anthologie par Pierre-Joseph Proudhon. Ère, 2009. 157 p. (Chercheurs d’ère). 15 €. Proudhon : l’enfant terrible du socialisme par Anne-Sophie Chambost. A. Colin, 2009. 320 p. 23 €. Proudhon : un socialisme libertaire par Édouard Jourdain. Michalon, 2009. 112 p. (Le bien commun). 10 €.

RECLUS. Deux éditeurs proposent en même temps L’anarchie d’Élisée Reclus (1830-1905). C’est le texte d’une conférence qu’il avait prononcée devant une assemblée de francs-maçons. Il y décrit une société faite de justice, de parfaite égalité, d'équilibre et d'harmonie. « D’ores et déjà » est une nouvelle maison d’édition qui prévoit aussi de rééditer Léon Bourgeois, Louise Michel et Charles Fourier. Par ailleurs, Philippe Pelletier s’est intéressé aux rapports entre la géographie et l’anarchie chez Reclus. Près d'un siècle après sa publication de 1911 à 1925, l’abondante correspondance du géographe anarchiste vient d'être rééditée en fac-similé. Dans son dialogue avec les artistes, les savants et les anarchistes de son temps, on retrouve sa précision scientifique et son souci de la liberté de l’individu. Est également rééditée son Histoire d’un ruisseau, un texte de vulgarisation géographique et poétique. Jean-Didier Vincent est un neurobiologiste réputé. Natif comme Reclus de Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), il a écrit une biographie littéraire du géographe qui est un hommage de qualité.
L’anarchie par Élisée Reclus. D’ores et déjà, 2009. 57 p. 6 €. L’anarchie par Élisée Reclus. Mille et une nuits, 2009. 56 p. (La petite collection). 2,50 €. Élisée Reclus, géographie et anarchie par Philippe Pelletier. Éditions du Monde libertaire, 2009. 220 p. (Brochure anarchiste). 12 €. Correspondance d’Élisée Reclus. Archives Karéline, 2010. 3 volumes (352, 520 et 340 p.). 117 €. Histoire d’un ruisseau par Élisée Reclus. Gollion (Suisse) : Infolio, 2010. 200 p. (Archigraphy.poche). 10 €. Élisée Reclus, géographe, anarchiste et écologiste par Jean-Didier Vincent. R. Laffont, 2010. 432 p. 22 €.

SEXUALITÉ. Anarchiste individualiste et défenseur acharné de la liberté sexuelle, E. Armand (1872-1962) publie en 1934 un livre dans lequel il dynamite systématiquement la morale de son temps. Il y défend l’amour libre et la camaraderie amoureuse et fustige le couple monogame ainsi que la jalousie. Il propose une utopie affective et sexuelle sous forme de coopératives sexuelles où corps et caresses s’échangeraient sous forme de troc généralisé.
La révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse par E. Armand. Zones, 2009. 224 p. 15 €.

ZO D’AXA. Zo d’Axa (1864-1930), pamphlétaire de talent, a animé entre 1897 et 1899 le journal La Feuille dont ce livre propose un choix d’articles. Il se disait « en dehors de toutes les règles, de toutes les théories, même anarchistes ». Il s’était attaqué aux élections et aux électeurs en présentant un âne comme candidat. Il fut condamné à plusieurs reprises pour des délits de presse.
Vous n’êtes que des poires par Zo d’Axa ; présentation de Bernard Langlois. Le Passager clandestin, 2010. 76 p. 7 €.


 

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